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Départ de Carthagène par les barrios

29/05/2017


Debout à 5h, nous préparons les vélos pour un départ à 5h30. Le soleil vient à peine de se lever et l'air est encore frais.


Nous quittons le quartier de Getsemani et passons devant El Castillo San Felipe de Barajas, l'un des monuments incontournables de la ville que nous avions croisé à notre arrivée. Quelques minutes plus tard nous traversons un marché de pêcheurs. Tout le monde s'active déjà malgré l'heure matinale. Il y a beaucoup de chiens décharnés sur la route, en moyenne tous les 20 mètres. Pour l'instant ils ne nous aboient pas dessus donc tout va bien.

Nous avions défini notre itinéraire via l'application GPS Maps.me (recommandée par une amie) en choisissant comme point d'arrivée, le lieu où nous pensions passer la nuit.
Maps.me nous indiquait ainsi un itinéraire vélo.


Cela fait 10 minutes que nous pédalons, le GPS nous demande de prendre la prochaine à droite. Quelques mètres plus tard, nous nous retrouvons face à un chemin impratiquable, un gros chien assis en haut d'un mur nous regarde en grognant avec un air menaçant. Impossible d'aller plus loin, nous rebroussons chemin et tentons de contourner cette rue pour rejoindre l'itinéraire.
Sur la déviation, la route commence à être abîmée et difficile à franchir : les passages sont accidentés et pentus. Amandine s'arrête régulièrement pour regarder le GPS et nous rassurer sur la route à emprunter. Les gens que nous croisons nous disent bonjour, d'autres nous parlent mais nous ne comprenons pas.

Nos yeux rivés sur le sol pour éviter les nids de poules ne nous ont pas permis de remarquer tout de suite que l'environnement a changé : nous sommes désormais dans les barrios (bidonvilles) de Carthagène ... Il n'y a plus de route, juste des cailloux et de la boue, qui forment des passages entre les habitats fait de tôles. Amandine me dit que l'on est paumé, le GPS ne trouvant plus notre trace. Je ne comprends pas pourquoi, ceci dit je n'ai pas participé à notre orientation depuis le départ de Getsemani.
 


Impossible de pouvoir nous orienter nous sommes dans un vrai labyrinthe, plusieurs passages ne sont pas franchissable à vélo, nous posons le pied à terre et poussons notre lourde cargaison. Le lieu ne m'inspire pas confiance mais je ne panique pas : si nous souriions en disant bonjour à tout le monde, si nous ne nous arrêtons pas et si nous ne sortons pas d'objet de valeur, tout devrait bien se passer.
Amandine a peur mais ne me le montre pas. Elle se dirige vers des habitants pour leur demander comment sortir d'ici.
 


Ils nous indiquent l'orientation. Nous poussons les vélos sur une petite coline puis remontons sur nos montures. Beaucoup d'impasses nous font revenir en arrière et tenter d'autres itinéraires. Les individus que nous croisons continuent à nous saluer, d'autres nous regardent perplexes et inquiets. À un angle de ce que l'on pourrait appeler une rue, plusieurs personnes crient "perdido" ! "perdido" !. Une moto s'arrête à proximité d'Amandine pour lui dire de la suivre. Elle refuse. On commence à se rendre compte de notre présence. Il nous faut maintenant sortir d'ici à tout prix.

Nous arrivons sur un chemin boueux un peu plus large que les chemins sur lesquels nous évoluons jusqu'ici. Il y a toujours beaucoup de monde sur le trajet, et beaucoup de chiens. Nous avançons au plus vite, en contournant les flaques de boues. Nous sommes tellement concentrés que les "bonjour" deviennent optionnels.

Après une descente, nous semblons passer une première frontière des bidonvilles, comme si le lieu marquait une première transition. Un peu plus loin, on distingue un attroupement de personnes et ... un bus ! Nous rejoignons un nouveau chemin boueux. Nous ne sommes plus dans les bidonvilles mais dans une zone industrielle. Quinze minutes plus tard, quand nous retrouvons le goudron, nous voilà définitivement sortis de l'enfer.
Nous nous arrêtons un instant pour reprendre nos esprits : cela faisait deux heures que nous étions coincés dans les bidonvilles.

La sortie des bidonvilles nous a amené directement à proximité d'une grande route que nous devions emprunter. Il y a beaucoup de poids lourds et de bus qui y circulent. La route est large, dispose d'une bande de sécurité qui nous permets de rouler confortablement, et nous croisons des les véhicules très respectueux : ils prennent leur distance pour nous doubler.

Sur la route, il y a beaucoup de stations essence et de Motels. Le ciel est un peu couvert, ce qui rend notre parcours moins difficile.

 


Au 40ème kilomètre, nous passons un péage, gratuit pour les vélos !

 


L'itinéraire nous oblige à traverser ce pont. La hauteur nous permets de profiter de la vue très sympathique. 
 


Sur la fin du trajet, je sens que mon genoux droit fait des siennes, il est temps d'arriver. Nous arrivons à l'hôtel en fin de matinée. Il semble avoir eu son heure de gloire, puisque de nombreux commentaires manuscrits sur les murs témoignent des bons moments passés ici. Notre chambre est sale mais il y a la climatisation. Après avoir lavé nos vêtements sous la douche et nos vélos au jet d'eau (ils étaient pleins de boues des barrios), nous profitons d'une sieste bien fraîche, et de la piscine.
 


Nous méditons sur les enseignements notre journée :

Partir tôt est primordial pour éviter un trop grosse chaleur, nous donner le temps de faire notre étape sans arriver trop tard, puisque nous voulons absolument être posés avant la nuit (6h ici) et aussi de passer certains endroits en profitant du peu de monde dans les rues.

Le mode " vélo" de maps.me n'est pas au point. Nous préférerons dorénavant les itinéraires voiture, d'autant plus que les véhicules sont prudents lorsqu'ils nous doublent.

Nous ne nous éloignerons plus des gros axes. L'épisode de ce matin nous a rappelé que nous étions tout de même en Colombie : ce n'est pas la même chose que de se perdre dans un bled dans le Lubéron, d'autant que nous ne parlons pas encore très bien l'espagnol.

Malagana - le 29 mai 2017
 

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