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Sur les traces du Rio Cauca - Partie 2

10/06/2017

Après une bonne nuit de repos, nous tardons à nous mettre en route, malgré les 42km et 500m de dénivelés qui nous attendent. Nous partons péniblement à midi. Le personnel de l’hôtel, au petit soin, a pris le temps de nous prendre en photo pour leur instagram, et monte nos vélos dans un genre de Méhari, de façon à ce que nous n’ayons pas à pousser vélos et bagages sur les pentes pavées et abruptes de Cauca Viero.

 

 

En partant, le gérant s’enquiert de notre route des prochains jours. Nous lui indiquons les prochaines étapes et il nous déconseille de passer la nuit à Irra, ou nous devions rester le surlendemain. “Je vous conseille de ne pas vous arrêter là”. C’est assez clair, nous irons plus loin donc!
Premier coup de pédale à midi, nous voilà reparti pour une journée très agréable sur cette route secondaire qui est faite de petites montées et descentes, entre plantations d’orangers et de bananes, et de plaines alluviales, tout en serpentant le long du Rio Cauca.


Seul gros bémol de cette route : les travaux, nous sommes régulièrement bloqués car elle est en travaux. La route étant réduite à une voie, il faut attendre que les voitures d'en face passent, que le balai des tractopelles laisse la route libre, mais pleine de glaise.


Peu après la Pintada, nous continuons à longer le fleuve. Son débit nous impressionne, il charrie tout sur son passage. “Mieux ne vaut pas être dans les parages quand ça déborde”, c’est ce que semblent nous dire les très nombreuses habitations, modestement rafistollées à coup de bâches et de tôles. Et ça c’est quand les maisons ont été rafistollées… sinon reste un trou béant exposant l’intimité familiale au trafic, nous rendant voyeurs bien malgré nous.

Les voitures font moins attention à nous que dans le nord du pays. Fort heureusement elles sont moins nombreuses.
L'approche avec les gens est également différente. Les encouragements ou les bonjours des Colombiens sur le trajet se font rares. Nous comprendrons plus tard que les mentalités sont différentes d'une région à l'autre.

Ce soir, il nous tarde d’arriver. Quand le compteur affiche finalement moins de 5km jusqu’à notre hôtel, une pluie torrentielle s’abat sur nous. Pas la peine d’attendre sur le bas côté, ça n’a pas l’air parti pour s’arrêter. Nous réalisons péniblement les derniers kilomètres sous une pluie battante. En arrivant à l’hôtel Mirador del Pintada, on est trempés mais c'est vivifiant !
Sans surprise, une fois de plus, personne n’a notre réservation. C’est tellement commun maintenant que nous ne nous émouvons même plus… à croire qu’anticiper pendant des heures de recherches nos logements ne sert à rien et qu’il faut juste s’arrêter quand ça a l’air joli, se pointer avec un sourire, et se dire que tout ira bien, qu’ils nous trouverons bien un endroit où dormir. On ne vous cache pas que malgré notre agacement, on est pas encore assez serein pour tester cette technique, surtout en Colombie.

L’hôtel est très beau, les parties communes surtout, avec une vue incroyable sur la vallée, donc nous ne pouvons pas trop profiter à cause du brouillard qui s'est installé.

 

En rentrant nos vélos dans notre chambre, nous nous apercevons que nous ne sommes pas les seuls cyclistes : un, deux, dix, vingt! C’est un groupe d’états-uniens. Ils ont tous des vélos de course hyper High tech, et traversent la Colombie avec l’assistance d’un camion pour leur bagages, et d'un Hummer qui fait office de "voiture balai" quand ça monte trop… ces petits joueurs… pas de mal à enchaîner les km quand on a rien à porter et une voiture en cas de fatigue! Ah ah ah!

Au matin, tout le monde, c’est à dire les cyclistes des US et nous, sommes debout à 7h, sur nos vélos à 8h, et partons dans des directions opposées, non sans que nos vélos aient été longuement scrutés. S’il se vend des selles Berthoud aux US, on y sera peut être pas pour rien! Ahahaha

Premier coup de pédale donc, 80 km à faire aujourd’hui, il ne faut pas trainer si on veut arriver avant 6h, c’est à dire avant qu’il ne fasse nuit. C’est notre horaire “dernier carat” parce qu’on ne veut vraiment pas être dehors à la nuit tombante.

C’est une région très artisanale. En témoignent les nombreux ateliers qui travaillent le bois sur la route. Amandine m'annonce que l'on s'arrête boire un verre car le lieu est sympathique. Sauf que nous sommes dans un atelier de meubles et non un restaurant ...

En cours de route, on passe le péage la Feliza. Les vélos passent dans la catégorie “motos” et ne sont pas taxés. C’est aussi une des raisons pour lesquelles on retrouve beaucoup de transports de choses lourdes en Colombie sur des motos! Sacs d’oranges, sacs d’épis de maïs, mangues et j’en passe.

Après le péage, nous nous arrêtons boire un verre dans un restaurant (mal au ventre oblige), qui donne une vue sur le Rio Cauca en contrebas.


Nous passons Irra vers 13h. En effet, pas joli joli, murs en tôles, toits en bâches, on va passer notre tour.

A 14h, le soleil tape fort, c’est “la mala hora “ . On décide de s’arrêter au premier signe d’un coca frais. Manifestation du destin, la petite bouteille noire et rouge se vend juste au prochain tournant, dans un bâtiment qui ressemble plus à une ferme qu'à un débit de boisson. Ajoutons que ça sent un peu fort. Et pour cause! C’est une ferme qui transforme son lait de chèvre en... Fromage!
OUI! Du fromage de chèvre!!! Très bon en plus. Tel Picsou à la vue de dollars, nous avons les yeux qui brillent à la vision des tommes natures, aux herbes, affinées qui s’étalent devant nous! Du coup c’est l’orgie, on en reprends deux fois! Cette petite pause est également l’occasion d’avoir un peu la famille sur what’app : et hop, cette fois c’est Mamie Françoise et tonton Antoine qui sont au bout du fil! Même si le réseau ne permet qu’une communication faite de “oui”, “non”, avoir nos proches au téléphone nous fait du bien.

A 15h en repartant, il nous reste 30km à faire, avec des bonnes montées. 10km plus loin, le soleil de faiblit pas, au contraire de nous, qui sommes exténués et qui avons soifs. On s'arrête en bord de route et on rencontre notre premier cyclotouriste, Rolando, un Colombien qui part pour la 4ème fois en Patagonie! Il est ravi d’apprendre que nous faisons le même voyage, nous offre à boire et il nous accompagnera pour les 20 derniers km de la journée.

 

Cette rencontre nous permet de nous essayer à l'espagnol. Pas facile mais nous réussissons un minimum à communiquer. Enfin un minimum et quelques quiproquos. Amandine lui parle d'un site qui héberge les cyclistes. Rolando comprend que nous allons dormir chez un ami ...

Nous arrivons péniblement, au terme d’une montée de 4km avec 500m de dénivelé à l'Hacienda del Caney. Rolando comprend à ce moment que nous allons à l'hôtel et que le lieu n'est pas donné pour les prestations proposées. Après un moment, il reprend la route pour une auberge à quelques kilomètres de là.

Revenons à ces fameuses prestations, on ne doute pas que les photos de l'hôtel ont été photoshopées!
Les chambres sont tout juste propres, la salle de bain est limite, et l’ensemble mériterait d’être peint correctement. (Des coulures de peintures bleues sur les murs blancs n’ont même pas été essuyées illustrant le peu de cas que l'on fait du travail bien fait)

Au moment de payer, surprise : “On ne prend pas la carte bancaire”. C’est souvent le cas en Colombie, mais comme on a réservé par un site bien connu, on peut payer sur Internet normalement.

Soudain, le propriétaire de l'hôtel, copie conforme de Carl Reiner, qui interprète Saul dans Ocean Eleven, intervient en anglais pour nous souhaiter la bienvenue. Et, tout essoufflé par ces quelques phrases échangées, s'avachit sur son fauteuil, (il a un air du Parrain), et nous dit qu’il n’y a pas de problème pour le paiement, qu’on va trouver comment s’arranger (Voir la scène dans Godfather). Fabien suggère qu’il nous emmène au distributeur le plus proche ou que tout simplement que nous paions en ligne. Il rétorque que les paiements mettent du temps à arriver de Booking, et qu’il n’y a pas de distributeur dans les environs.
Mais là, il a une idée géniale qui supplante le tout : ce qu’on devrait faire, c’est payer des choses pour lui sur internet qu’il veut depuis longtemps, et comme ça va coûter plus cher, il nous rembourse la différence en liquide….
Mais quelle brillante idée! A la surprise générale, nous ne souscrivons pas.

Nous insistons pour l’option distributeur. On nous dit qu’on verra bien demain.

Le “cinéma” du gérant nous laisse un peu perplexe : nous enfermons une fois de plus les vélos dans notre chambre, même s’il ne reste plus beaucoup de place pour y circuler, et nous endormons rapidement, fourbi par la journée exténuante. Et c’est sans compter sur les péripéties du lendemain ! 

 

La Hacienda del Caney, les 8 et 9 juin 2017

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