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D'Armenia à Ipiales

18/06/2017

Le moment de pause à Salento nous permet de nous remettre de notre semaine intense de vélo (dont surtout la dernière étape pour arriver ici).
Nous profitons du temps libre pour nous baigner dans le jacuzzi, lire, écrire et réfléchir la suite de notre périple.

Réfléchir à la suite, et surtout à la suite de la Colombie. L'accueil mitigé sur les derniers jours de vélo, les attaques régulières de chiens (dont la dernière par deux dobermans fût particulièrement éprouvante) et l'insécurité relatée par les locaux et par l'ambassade de France sur le sud du pays (notamment Cali), nous amène à reconsidérer la suite de notre passage en Colombie.
Après mûres réflexions, nous décidons de rejoindre Ipiales en bus afin de franchir la frontière équatorienne.
Pas facile de partir en bus sans accompagnement, malgré les nombreux sites d'informations, il n'est pas possible de partir directement de Salento, tout comme il n'est pas possible d'acheter des billets à l'avance. Magnolia qui gère l'hôtel où nous restons est d'une grande aide, elle nous trouve quelqu'un qui nous amènera à Armenia (la grande ville la plus proche) pour que nous puissions prendre un bus vers Cali.

Le chauffeur (nous l'appellerons le chauffeur car nous avons oublié son prénom malgré la grande gratitude que nous lui portons, qu'il nous pardonne) sera d'une grande aide à Armenia. Arrivés à la gare de bus, il nous propose de nous accompagner. Fort heureusement car la super entreprise "Expreso Bolivariano" que nous devions prendre (car son site web indiquait qu'un bus partait d'Armenia pour Cali à 13h) nous annonce que ce n'est pas possible (sans explication).

Il y a des dizaines d'entreprises de bus dans la gare. "Le chauffeur" va les voir une à une. La majorité nous refuse à cause des vélos. 

Un des transporteurs nous dit oui mais il faut attendre une heure que le bus arrive afin qu'ils vérifient s'il est possible d'y mettre nos vélos.
Cinq minutes plus tard, notre "chauffeur" préféré nous trouve un bus pour Cali qui nous prend tout de suite avec les vélos. Comme d'habitude bien sûr, il faut discrètement filer l'équivalent du prix des billets en cash au chauffeur afin de valider l'opération.
Nous partons donc. La route entre Armenia et Cali est complètement plate. C'est la route la plus plate de Colombie et nous la faisons en bus...C'est parce que fort de notre gros entraînement montagneux, on se serait ennuyés à vélo.... 


Nous arrivons à Cali, sommes déposés sans sommité, en pleine chaussée de la gare routière. Nous chargeons nos vélos et partons en direction de l'hôtel. Sur la route des voitures baissent leurs vitres pour nous dire bonjour et nous encourager. Cela nous rassure sur le trajet, même si en arrivant il y a une grosse grille qui verrouille la porte d'entrée de l'hôtel qui nous rappelle que nous sommes dans la 7ème ville la plus dangereuse au monde. Ambiance.


Après un accueil chaleureux de Juan Carlos, nous réfléchissons à acheter nos billets de bus pour Ipiales. Un vrai bord..., Juan nous aide pour commander les billets en ligne. Le paiement en ligne ne fonctionne pas, il nous indique d'aller payer dans un centre commercial avec un code. Après une heure d'erremment dans le centre commercial, nous rentrons bredouille. Les enseignes concernées ne veulent pas prendre notre paiement pour valider les billets. Tant pis nous retournerons à la gare demain matin pour nous organiser. 


Le soir, nous prenons un taxi pour aller dans un restaurant italien dans la quartier de San Antonio (réputé comme un quartier sûr). Un vigile armé est à l'entrée du restaurant, il nous ouvre une grille verrouillée pour rentrer. Après le repas, nous nous baladons et cherchons un bar à salsa (Cali est la ville de la salsa). Sans trouver notre bonheur nous testons un bar à bières locales : enfin de la bonne bière ! 

 

Ce n'est pas  l'Alibi  mais cela fait l'affaire.
Le lendemain matin nous allons à la gare acheter nos billets pour Ipiales. Notre interlocutrice est sympathique et fait des efforts pour tout nous expliquer. Elle nous conseille d'aller à la porte de départ pour prévenir que nous avons des vélos et anticiper le départ de ce soir. Ce que nous faisons. Un des responsables parle anglais et nous dit de venir 45 minutes en avance avec nos vélos.
Nous repartons vers San Antonio nous balader. En haut d'un parc nous apprécions la vue sur la ville, nous allons également voir "Los gatos" qui sont des sculptures de chats. 

 

 

Même dans le quartier le plus sécuritaire, beaucoup de bâtiments ornent de beaux fils barbelés.

 

En fin de journée nous retournons à vélo à la gare de bus de Cali. Les rues sont désertes car il y a un important match de foot : Cali - Medellin.


Nous voilà avec une heure et demi d'avance pour anticiper l'expédition.
Une heure avant le départ, je vais demander des informations à l'hôtesse. Je prends le temps de lui préciser que si nous devons démonter certaines parties, il faut nous le dire avant. Elle me dit d'attendre et qu'avant le départ, on viendra nous dire comment faire avec les vélos. 

Personne ne viendra malgré les coucous d'Amandine au chauffeur. La compagnie annonce le départ du bus et son "embarquement". Nous avançons vers la porte d'embarquement (là où ils vérifient les billets pour rejoindre le bus) et le bonhomme qui gère le sujet nous dit que nous ne pouvons pas passer avec les vélos. Nous devons attendre sur le côté. Nous essayons de comprendre le problème mais l'abruti ne nous donne pas d'explications. La photo est malheureusement floue ce qui rend difficile de mettre un visage sur la connerie.

Nous commençons à nous énerver, les autres passagers rentrent tous dans le bus et nous sommes coincés dans la gare. Il fait nuit et nous avons payé nos billets ... Auprès d'une des compagnies les plus chères de Colombie. Résultat : on nous traite comme de la merde. Le chauffeur de l'autre côté de la "porte d'embarquement" essaie de nous parler mais l'abruti lui dit de ne pas communiquer avec nous. Je propose à Amandine de passer de force en gazant tout le monde. Elle refuse ...
Un nouvel interlocuteur arrive, il parle anglais et nous dit qu'il fallait être là en avance. Nous lui expliquons que nous sommes là depuis plus d'une heure et que l'hôtesse nous a demandé d'attendre. Il lui parle un instant puis se retourne vers nous pour nous dire que l'hôtesse est débile. Première nouvelle ! Il nous indique qu'il faut payer en cash 40 000 pesos pour mettre les vélos dans le bus. Avons nous le choix ? Chaque transport en commun dans ce pays serait-il spécialisée dans le viol de cyclistes ?
On nous fait passer la porte et nous démontons la roue avant de nos vélos pour les mettre dans la soute. Pendant que je finis de ranger et fixer les vélos (mieux vaut le faire soit même pour ne pas les récupérer en morceaux), Amandine paie le prix du raquet aux employés d'Expreso Bolivariano. Je ne trouve pas de mots pour décrire notre énervement lorsque nous rentrons dans le bus.
Malheureusement, cet énervement n'en est qu'à son début.

Nous nous installons dans le bus, nous partons et commence le supplice. Il porte un nom : Le monde de Némo, version espagnole, à fond pour être sur que tout le monde en profite... Bien bien bien...
Heureusement, nous ne profitons que de la fin du film parce qu'il était déjà bien entamé quand nous sommes partis.

La suite n'a été que bonheur... On a enchaîné sur Pacific Rim. Le DVD est manifestement rayé, ce qui nous permet de passer quelques passages palpitant des 2h21 de cette oeuvre cinématographique majeure. Le son est à fond, ce qui nous permet de constater qu'on est situés sous l'enceinte. Quelque soit la technique, Boules Quies ou écouteurs à fond, aucun ne nous apportera son aide.
Excédés par le bruit, on tente une technique consistant à boucher l'enceinte avec du papier toilette qu'on emmène avec nous (en cas de disette).
Aucun effet.

Finalement, Amandine tente, malgré la réputation notoire des chauffeurs, réputés pour envoyer chier systématiquement chaque demande, une approche pour arrêter l'enfer.

Après 20 minutes de tchat dans la cabine du chauffeur, Amandine arrive à le convaincre que ce grand film d'auteur se visionnera mieux ....sans le son !
On peut enfin dormir après avoir perdu un peu de nos capacités auditives.


Nous sommes à Ipiales à 7h, nous remontons nos vélos sur le bitume de la gare routière et arrivons, au terme de montées de plus de 25% en ville, à notre hôtel. Ils sont très sympa et nous laissent prendre la chambre prévue pour la nuit alors qu'il est 8h du matin.

Vers 15h, nous allons faire un tour au lieu de pèlerinage le plus important de Colombie : le sanctuaire de Las Lojas. C'est magnifique, cette église suspendue dans le vide. 

Finalement on rentre à l'hôtel, la fatigue de notre nuit mouvementée se faisant ressentir, et les formalités administratives et les bonnes pentes en prévisions pour le lendemain requièrant toute notre énergie.

 

Ipiales, les 17, 18 et 19 juin 2017

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