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Dans la jungle tropicale ...

14/07/2017

 

Nous passons une très mauvaise nuit dans le bus privé (que nous avons payé plus cher car censé être plus "confortable" que les bus publics, mais en fait non) qui nous emmène vers l'Amazonie équatorienne. La route défoncée et les amortisseurs grincants du bus ont réussi à nous tenir éveillés toute la nuit. A plusieurs reprises, nous nous cognons la tête au plafond du bus à cause des secousses et saut de cette épave à quatre roues. L'amazonie se mérite. 

Puis, c'est le débarquement à 5h du matin dans la charmante agglomération de Lago Agrio, ville frontière entre l'Equateur et la Colombie, plus connue pour être une grosse zone où se trafique absolument tout sur ce qu'il y a d'illégal et qui offre un refuge aux FARC en reconversion. Bref, un coin sympa.
On nous débarque donc, à 5h du matin, sur un trottoir de cette charmante bourgade, en nous disant d'attendre ici que notre Lodge (le terme peut désigner autant les organisateurs du tour que les cabanes dans la jungle) viennent nous chercher. Ce qui se produira, attendez, je cherche sur le programme, ah oui, à 9h30. Bien bien bien. Les 4 prochaines heures vont être sympa.
Au désespoir de cause, épuisés par une nuit sans dormir, nous échouons avec les autres passagers du bus par terre, contre le rideau métalique d'un restaurant. Attention, âme sensible s'abstenir !
Rien à envier aux SDF parisiens donc, sauf peut être des trottoirs un peu plus propres dans la capitale.... Sale histoire. 

Le restaurant ouvre à 6h. Nous prenons un petit déjeuner sommaire et Daphné et Fabien vont squatter un canapé dans l'entrée du restaurant.  Un autre protagoniste les rejoint bientôt. 


Vers 10h, notre bus arrive enfin. Nous montons, ravis de trouver des sièges assez confortables pour nous aider à rejoindre morphée pour deux petites heures. Nous attendons une demi-heure de plus. Apparement il manque quelqu'un. Ah oui, c'est le mec du canapé qui après sa sieste avec Daphné et Fabien est parti au moment où le bus arrivait pour prendre un petit déjeuner. Le mec en question c'est Emil. Suédois, boxeur, et fan de Zlatan, il sera en retard tout le séjour.

Apres 2h de trajet, nous voila arrivés à l'entrée de la réserve de Cuyabeno. Ça y est, on y est ! Maintenant, c'est en barque les enfants ! Nous rencontrons William, notre guide. Il nous dit qu'on en a encore pour 2h voir 2h30 de barque avant d'arriver au Lodge. Et là, si vous avez bien suivi, ça nous fait arriver à quelle heure pour déjeuner ? 

En route pour le Lodge, commence le défilé des animaux de la jungle : 5 espèces de singes différentes, péroquets, parresseux et un petit anaconda. 

 

«Vous voulez voir mon anaconda? » tout le groupe se retourne pour voir un vieux monsieur, apparemment très fier de sa blague graveuleuse. Le petit monsieur est canadien, a 70 ans, un énorme appareil photo et une tendance à l'exibitionnisme assez prononcée.

 

Nous en avons plein les yeux, nous navigons sur la rivière Cuyabeno, en silence pour apercevoir le plus d'animaux possible. C'est sans compter sur une petite voie qui vient rompre la quiétude en criant " William, william! I'm hungry".
La petite voie, c'est Dora. 1m50, 70 ans, chinoise exilée au Canada, elle est venue avec une amie chinoise qui vit au Canada également et son mari canadien, le fameux. Elle nous fera l'animation pendant 4 jours, où nous occillerons entre agacement et incrédulité rigolote, devant ses remarques complètement déplacées, son incapacité à voir quoi que ce soit, (même devant son nez) et son éternel enthousiasme.

Arrivés au Lodge vers 15h30, nous mangeons puis prenons possession de nos chambres. 

Nous sommes content de partager une chambre avec Daphné ! Parfait ! On nous alloue 2h de pause, bien employées par une sieste digne de ce nom ! Vers 18h, après avoir attendu Emil quelques minutes, nous reprenons la barque pour aller voir le coucher de soleil sur la lagune et faire une baignade pour les plus motivés. 

 

A cette occasion Dora insistera pour faire une photo des filles en maillot de bain et a carrément retiré sa serviette à Heather, une américaine, qui se séchait tranquillement.... ah Dora...

Le soir, nous allons tous nous coucher, épuisés par cette longue journée.

Le lendemain passe entre marche de quelques heures dans la jungle, pour y observer la faune et la flore et détente au Lodge. 

 

 

 

En rentrant de la balade, après quelques heures à transpirer dans la jungle, j'ai voulu me changer. A un moment, dans la salle de bain, j'ai une sensation d'humidité sur la jambe. Bof, ça devait être de l'eau sur le lavabo. J'entre dans la chambre et soudain s'élance de mon pantalon une grenouille. Avec Daphné, nous chercherons, hilare, l'intruse sans succès. Etait-elle dans mon pantalon depuis la balade dans la jungle, où sortie de la salle de bain, ça restera un mystère...

Le soir nous repartons pour une balade nocturne. L'occasion de voir beaucoup d'autres petits animaux ! Et pour Dora de prendre des photos de nos appareils-photos car elle n'a rien vu.  

 

Le soir sera consacré à des jeux de cartes, et nous apprendrons notament la fameuse version ameliorée du Uno de Christophe ! Christophe est belge, fan des nuls (ils ont cité toutes les répliques de la Cité de la Peur avec Daphné ce soir là, notamment celles en rapport avec Emil). Avec Danielle, qui vient d'Angleterre, sa copine, ils font un roadtrip à travers l'Amérique du Sud !  Gros point commun, ils connaisent bien Luxembourg puisqu'ils y ont travaillés et étudiés! Le monde est petit! Comme nous ils descendent vers le sud du continent. On espère pouvoir les revoir en route !


Le lendemain, nous devons monter en haut d'un mirador pour y observer les oiseaux. 5h30. Fabien et Daphné ont abandonnés l'idée. En une demi-heure, on voit en tout et pour tout deux oiseaux, un vautour et un peroquet. Tout le monde décide de lâcher l'affaire quand Dora nous affirme qu'elle a vu deux fois les mêmes oiseaux...

Puis, nous enchainons sur une visite dans une communauté locale. On part un peu en retard, car on attend Emil. En route nous avons la chance de voir des dauphins rose ! S'ensuit une visite chez le Chaman, qui exorcice Emil en lui fouettant le dos avec des orties et lui dit qu'il a un problème de fatigue. Sans blague ? 

On en apprend un peu plus sur leur culture et leur art rupestre. 

L'occasion pour Daphné d'exprimer son propre art...  Ci dessous, sur la joue de Danielle, le symbole des reliques de la mort dans Harry Potter... Il y a encore du boulot... 

 

L'après midi est consacrée à faire une galette de yuca . De la récolte de la plante à sa cuisson, nous savons tout de cet aliment qui est mangé quotidiennement par les communautés amazoniennes. Il est intéressant de voir que les communautés indigènes sont directement impliquées dans l'accueil des touristes, la conduite des barques et certaines visites. 

 

De gauche à droite : Heather, Daphné, le couple chinois canadien, Lisa et Maiken. 

En rentrant, il est question de se baigner à proximité du Lodge. Pas trop tard car après, ça grouille de caimans, et bon, nous sommes tous très braves, mais les bains nocturnes, ça ne presente que peu d'intêret, n'est ce pas ?

Une pluie torrentielle s'abat sur la jungle. Qu'à cela ne tienne, mouillés pour mouillés, nous réussissons à motiver tout notre groupe pour la baignade sur le ponton. Il y a une corde où tout le monde s'essaye pour se jeter dans l'eau. 

Jusqu'au moment où ça a complétement dérapé. Le Canadien a décidé que pour mieux coller à l'esprit local de l'homme de la jungle, il allait s'exercer à la corde.... nu comme un ver. 

Après un premier plongeon la zigounette en l'air, l'homme regarde Fabien et lui dit "Je crois qu'en France vous aimez les nus". 

Un monsieur de 70 ans, dans le plus simple appareil, entortillé à sa corde, effectuant un mouvement de balancier au dessus de l'eau, c'est tout un concept. Nos retines s'en souviennent. 


Nous partons pour une dernière ballade nocturne pour voir des Caïmans !  En allant chercher Emil, et le réveiller, j'entends distinctement "F*** Y**". Bien bien bien.
En revenant, Emil a appris que je n'étais pas dans les meilleures dispositions envers lui, et vient me dire qu'il est désolé mais que j'ai mal entendu...  Il a dit "Thank You". Hum...
Sous la cuisine d'un Lodge voisin, nous voyons la bête. 

 

On passe une autre soirée à jouer aux cartes.

Le lendemain, nous insistons pour faire du canoë avant de partir. C'est un groupe réduit qui s'élance pour une balade d'une heure, puisque le couple de Canadiens n'a pas voulu se joindre à nous et que nous avons aussi renoncé à réveiller Emil. 

En rentrant, nous terminons nos bagages et petit déjeunons. Vers 10h, nous sommes tous prêts à partir.
Tous ? Non. Un irreductible suédois manque toujours à l'appel. C'est Fabien qui va le chercher. Il revient en riant. Emil se mettait du gel. Son sac n'était pas prêt et il a attrapé et fourré dans son sac tout ce qui dépassait. Bref, du coup il n'est pas sur la photo. 


Vers 10h10, notre barque s'ébranle, retour à la civilisation dans 2h.
Ça c'est sans compter qu'après 30 minutes de canoé, Emil s'agite de plus en plus. 3 fois qu'il retourne son sac discrètement et il semble manquer quelque chose. Daphné à côté de lui, lui dit de le dire à William avant qu'on aille plus loin. Mais non, on fera encore 10 minutes de canoé. William est dépité, Heather lui demande en terme assez peu soutenu s'il se moque d'elle (en anglais dans le texte ça donnait "are you fucking kiding me?"), et le Canadien lâche cette phrase malheureuse "you just realize it now ? "
Et là, nous n'avons pas compris.
Dans un accès de rage soudain, Emil se met debout et roue le siège du canadien (qui était assis devant lui) de coups de poings, en hurlant des insultes, menaçant à chaque instant de tous nous faire passer par dessus bord. Il se calme au bout de 20 très longues secondes. Silence de mort dans la barque tandis que nous faisons demi tour.
J'ai la confirmation que j'avais bien entendu hier soir donc.

Emil revient 5 minutes après, avec sa trousse de toilette. Nous pensons qu'il n'y avait pas que du dentifrice là dedans...

Le trajet retour se fait sans plus de heurts, nous rejoingnons Quito vers 20h le soir, avec le joli spectacle du volcan Reventador qui crachait des volutes de fumée.

 

 



Cuyabeno-Quito, les 10, 11, 12, 13 et 14 juillet 2017

 

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