Cusco et la Vallée des Incas

De retour d’Arequipa, nous retrouvons l’appartement loué par Danni et nos vélos. Ils n’ont pas bougés, nous sommes rassurés. Depuis que nous voyageons, nous regrettons de ne pas avoir investi dans une puce électronique. Un système malin qui permet de savoir à chaque instant où est son vélo et de pouvoir le suivre en cas de vol.

Cette journée, nous flânons en ville, allons au marché alimentaire, dans un coin non touristique de Cuzco.

C’est la soupe à la grimace chez certains commerçants, que nos sourires n’arriverons pas à décrisper. Nous essayons d’entamer la conversation en demandant le prix de tel où tel fruit ou légume (les prix ne sont pas indiqués au Pérou, ce qui facilite le marchandage « à la tête du client ».) Soit on nous dit qu’il y en a pas (alors qu’il y en a juste devant nous) soit on nous regarde et on nous ignore superbement… Super. A un autre étal, nous demandons le prix d’un avocat : 7 sols, soit 2,2€! Un peu plus loin, nous voyons du fromage, et décidons de tester. Cette fois on nous sert, mais on ne nous rend pas l’appoint. Quand je proteste, on me dit que je mens…

Nous nous apprêtons à quitter ce repère de voleurs, quand un timide sourire nous redonne espoir : une légumière, toute gentille, nous vend des légumes à un prix décent. Nous repartons même avec des légumes gratuits.


La soirée, Fabien s’adonne à son premier thriller espagnol. On commence par Contratiempo. Excellent!


Le lendemain, en redescendant le vélo de Fabien, le porte bagage nous cède encore entre nos mains ! Quelle galère ! On bidouille comme on peut car on doit changer de logement et l’autre hôte nous attend. Sur la route, trop occupé à engueuler un chauffard qui me fonce dessus en marche arrière, Fabien ne voit pas une grille dans le sol : la roue avant s’enfonce brutalement jusqu’au cadre! Puis, en soulevant et en poussant le vélo, la roue arrière s’y loge avec fracas! On blêmit : cette fois, on a dû réussir à casser le dérailleur… Fabien essaye d’extirper son vélo de cette grille maudite, sous les éclats de rires moqueurs des locaux. Ils ne s’en tirerons pas à si bon compte, mon espagnol me permettant maintenant d’aligner qui je veux avec perte et fracas. Ils se précipiterons pour aider, pas fiers ...

Le vélo n’avait heureusement rien. Nous récupérons le logement une heure plus tard que prévu, et passons l’après midi à faire des courses en prévision de l’arrivée de la famille Gerbault !


Vers 18h, le chargement tant attendu est devant la porte. Un papa, une maman et un frère, dont nous profiterons avec joie durant une semaine

Toute la semaine est consacrée à la visite de la Vallée Sacrée, le temple du Soleil, à Cuzco, un périple de 3 jours pour aller voir le Machu Picchu, Ollantaytambo et sa forteresse, Moray le centre de recherche agricole des Incas, Maras et ses salines et finalement Pisac, autre grande forteresse Inca.

Nous avions réservé longtemps à l'avance les billets du Machu Picchu. Nous sommes en août, c'est la période la plus touristique et nous avions peur que les quotas maximums de billets (imposés par le gouvernement) soit vite dépassés. Et ben figurez vous qu'il n'y a aucune raison de s'inquiéter. Notre guide sur les lieux nous a indiqué qu'ils ne respectaient les quotas qu'en basse saison ... Il y a trop de business à faire en août donc ils vendent beaucoup plus de billets que le nombre "officiel" autorisé.

Salines de Maras :

Moray, les cercles concentriques qui servaient de centre de recherche agricole :

Les sites incas sont magnifiques, bien que partiellement détruis par le temps, ce qui rends l’ensemble difficile à imaginer. A ce propos, une remarque récurrente, qui a été faite par l’ensemble des guides que nous avons eu : tous, sans exception, nous ont dit que si rien n’était terminé, au Pérou, c’était la faute des Espagnols qui par leur invasion ont empêché la fin des construction. Cette excuse est invoquée… même quand les constructions datent de bien avant l’invasion !


Finalement, on s’associe à l’indignation des Péruviens : au Machu Picchu, sur la place centrale (le grand carré vert sur la photo), se dressait autrefois une pierre que les Incas considéraient comme sacrée. Quand le roi d’Espagne est venu en visite dans les années 70, le pauvre n’allait pas se taper le périple comme le commun des mortels. Le moyen le plus simple, c’était bien entendu l’hélicoptère. Vous nous voyez venir avec la pierre sacrée en plein milieu de la place… Dans le mille, ils l’ont coupée pour que l’hélico puisse se poser ! Nous aussi nous étions outrés, et sans doute pour une fois dans notre périple, compatissant avec les Péruviens !

Il serait vain de nier que cette semaine n’aura pas vu son pesant de Pisco Sour couler, Florent nous aidant grandement dans cette tâche titanesque! Il repartira même avec 3 bouteilles. (Ca c’est pour les copains qui n’auraient vu passer que les deux premières ;-) )

Une autre chose qu’il nous semble important de mentionner, c’est l’absurdité des prix dans la région. Nous avions déjà mentionné qu’on nous avait proposé de nous emmener jusqu’à Santa Teresa, donc avant le Machu Picchu, pour 500 dollars. Les prix de l’entrée au Machu Picchu est de 30 dollars. Le bus qui emmènes de Agua Calientes à l’entrée du Machu Picchu ? 24 dollars A/R, pour 5km. A quel moment, nulle part en Europe, on paye 2 euros du kilomètre ?

Le salaire médian péruvien est de 490 $.

Et la palme revient au train, monopole donné à l’Orient Express (donc même pas une société nationale hein) pour accéder au Machu Picchu depuis Cuzco ou Ollataytambo : les billets commencent à 50 dollars l’aller (en nombre limité). Ils peuvent aller jusqu’à 500 dollars, sur certains trains aux heures de pointe, pour 2h de train. D’Hydroelectrica à Agua Calientes, 10km, le train coute 100 soles, soit près de 30 euros… et c’est 2 soles pour les locaux … Nous avons questionné un chauffeur à ce sujet, il nous dit que c'est de la faute des Chiliens qui régulent les prix du train. Décidément, c'est toujours la faute des autres.


Dans ces cas là, l’absurdité des prix nous incite encore davantage à vouloir sortir des sentiers battus. On a opté pour le bus de Cuzco à Santa Teresa, dormi là bas dans un Eco lodge magnifique (ci dessous), et le lendemain, nous sommes allés à pied de Hydroelectrica à Agua Calientes en longeant les voies de chemin de fer.

En plus d’une belle balade, où l’on aura vu des perroquets, on aura refusé de participer à cette débauche de billets verts qui nous vaut sans doute le triste surnom de Gringo….

Cuzco, du 17 au 25 août 2017

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