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A Trujillo, les champions ne sont pas ceux qu'on croit

01/08/2017

Nous partons tard de la station balnéaire de Mancora, après 3 petits jours de plage pour rappeler la mer à Fabien.

Nos vélos sont embarqués en soute, non sans ruser de logistique : la plupart des bus touristiques au Pérou ont deux niveaux, la première classe en bas, et la seconde en haut. Dès lors, c'est synonyme de soutes plus petites. Par contre, toujours autant de bagages. Nos vélos feront le voyage allongés, entre les back-pack des autres touristes.

 

Nous arrivons à Trujillo à 8h du matin. Le temps de décharger nos vélos et de procéder au traditionnel rechargements des 9 sacoches, nous partons chez Lucho. La casa de cyclistes qu'il a créé il y a maintenant plus de 33 ans est à proximité.

En tournant dans le quartier, à la recherche de la "casa", nous tombons sur des locaux. Nous voyant à vélo, ils comprennent vite, malgré leur taux d'alcoolémie, que nous sommes là pour Lucho. Ils nous indiquent la maison, nous appelons Lucho pour dire que nous sommes là, et patientons avec nos nouveaux amis, qui nous proposent de partager un desayuno (leur bière) avec nous ! 

 

C’est le week-end de la fête nationale péruvienne. On célèbre l’indépendance partout dans le Pérou. Est ce que l'état de nos nouveaux amis est permanent ou dû à la fête nationale ? Nous vous laissons deviner.

 

 

A 9h, Lucho arrive, plein d’entrain, même si nous venons de le tirer du lit. Que vous dire de Lucho ? C’est un fou de vélo. De cyclotourisme, puisqu’il est allé en Patagonie plusieurs fois déjà, mais de courses surtout. Il y a 33 ans de cela, en 85, il a décidé d’ouvrir la maison familiale aux cyclotouristes de passage. Au début, raconte il, il accueillait 3 personnes par mois. Maintenant, c’est 3 par jour ! Et justement, nous y rencontrons Franco, un argentin de 25 ans, qui fait un tour du monde en vélo ! Deux jours plus tard, deux autres argentins nous rejoindrons. Le jour du départ, un sud africain fera son arrivée.

Ci-dessous Franco, avec son vélo et et une sacoche de cadre Zéfal. Ah le made in France ! 

 

Lucho est fier de nous dire qu’il a vu des gens de tous pays, de toutes confessions, et de toutes couleurs depuis 33 ans qu’il ouvre sa maison. Et puis, il nous raconte, à nous les petits frenchy, qu’il y a 17 ans de cela, un groupe de cyclotouristes qu’il avait précédemment accueilli lui a fait la plus belle des surprises, en lui permettant de réaliser son rêve : voir le tour de France !

Imaginez l’organisation, il y a 17 ans de ça, pour recontacter toutes les personnes qui étaient passées par là, créer une cagnotte, lui réserver les billets d’avions et préparer chacune des étapes du tour de France pour qu'il puisse y assister et y dormir. Une organisation de folie ! Et un beau renvoie d'ascenseur.

 

Nous profitons de notre arrêt à Trujillo pour visiter les ruines laissées par les civilisations Chimú et Moche.

Les premiers construisaient d'énormes complexes pour honorer leurs dieux. De grandes parties des temples ont été détruites au fil des années, et l'on ne sait pas très bien si l'on voit de l'authentique ou des reproductions.

 

 

Les seconds ont construits des temples en l'honneur du soleil et de la Lune (Huaca Del sol et Huaca de la Luna). Une fois un temple terminé, ils en reconstruisait un sur les fondations du premier. Ainsi, ce sont plus de 5 temples, empilés les uns sur les autres que nous pouvons voir ici. 

 

Nous profitons également de la présente de Franco pour échanger des bons plans sur les routes à emprunter, et les gens à voir, tout cela autour d'un bon repas, et entre deux nettoyages de casseroles, qui en ont bien besoin...

 

 

Notre dernier soir à Trujillo, alors qu’il révise nos vélos, avant le départ du lendemain, je pose à Lucho la question fatidique :

 

C’est quoi ton histoire avec le vélo ? D’où ça te vient cette passion de la petite reine ?

 

 

Il nous raconte l’histoire. Son histoire. Il professe tel un messi, à nous 5, les jeunes, qui écoutons avec plaisir son histoire. Nous nous asseyons par terre, dans son atelier, lui s'assit sur un fauteuil, en train de remettre les roulements à billes de nos roues.

 

 

Lorsqu’il avait 8 ans, lui et ses 4 frères se partageaient une petite bicyclette. Ils habitaient alors sur la place des armes de Trujillo. Un après midi, un des frères enfourche la bicyclette et part dans une course folle avec d’autre copains autour de la place. L’accident arrive. La maman de Lucho passe l’après midi aux urgences. Le frère ressort quelques fractures, rien d'irrévocable. Sauf peut être la décision de la maman de Lucho : la petite bicyclette a vécue ses dernières heures.

C’est donc avec envie que le petit Lucho grandit en voyant ses amis faire du vélo sur la place des armes, sous son nez, sans avoir le droit d'y prendre part.

 

A 16 ans, avec l’argent de son premier petit boulot, Lucho s’achète une bicyclette d’occasion. Un vieux modèle, de ville, pas tout à fait à sa taille, mais qui fera bien l’affaire. Il fait régulièrement du vélo, et se lie d’amitié avec un cycliste. Ce dernier l’invite un jour à faire une sortie avec le club de cyclisme de Trujillo. En arrivant il trouve une horde de cycliste, avec des vélos de course de compétition. Lui, n’a que sa petite bicyclette. Le responsable de la sortie vélo vient le trouver, et lui dit qu’il ne pourra pas se joindre à eux car avec sa petite bicyclette, il n'ira pas bien loin, et qu'ils vont vite le distancer. Vexé, Lucho lui dit de ne pas s'occuper de lui, pendant que son ami fait des pieds et des mains : Lucho peut finalement se joindre à eux. Pendant les premiers kilomètres, Lucho suit le rythme, ne se laisse pas distancer. Finalement, vers le milieu de la sortie, Lucho rejoint les premiers cyclistes, dont le responsable de la course, et lui dit qu'à partir de maintenant, plus la peine de se soucier de lui. Il accélère et double l'ensemble des cyclistes. Malgré leurs efforts, ils n'arriveront pas à rattraper Lucho et sa petite bicyclette, qui les ont tracés depuis longtemps...

Comme quoi, c'est pas la taille qui compte.

 

 

Trujillo, les 29, 30, 31 juillet et le 1er août 2017

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