Arequipa

Nous étions assis à l'avant du bus, une bonne manière de profiter de la vue et d'un confort optimal pour allonger les jambes. Cela ne veut pas dire pour autant que nous dormons bien. Nous passons par les villes d'Ica et de Nazca. Arrivés à Cusco, nous chargeons les vélos direction la vieille ville où nous avons loué une chambre. Nous sommes chaleureusement accueillis par Danni (un Hollandais qui habite ici). Au moment où je descends la marche de la cour intérieure, le porte baggage arrière de mon vélo cède : les sacoches de retrouvent propulsées à l'arrière. Heureusement que nous n'avons pas eu cet incident sur la route. Mis à part une rapide visite de la ville, nous passons la journée à récupérer de nos 24 heures de bus. Le lendemain est une journée administrative. Nous faisons des courses et faisons le tour des agences pour trouver un transport pour le Machu Picchu. Nous sommes obligés de tout réorganiser car n'ayant pas pris de tour organisé, les agences nous voulaient pas nous emmener où nous le souhaitions, où alors pour un tarif touriste : 500$US, pour 5h de camionnette). Nous rentrons vers 6h, réparons mon vélo et nous couchons. Ce matin ça pique, nous nous levons à 4 heures du matin pour prendre un avion direction Arequipa pour faire la surprise à mes parents et mon frère ! A 5h10, nous sommes à l'aéroport. Nous allons au seul restaurant ouvert pour prendre un petit déjeuner. C'est cher et c'est le petit déjeuner le plus mauvais depuis le début de notre voyage. Ça s'appelle Altomayo : si un jour vous vous sentez de vous faire du mal, allez donc tester leur cheesecake.


Un peu avant 8h, après un court vol (45 minutes), nous atterrissons à Arequipa. La différence est sensible, tout y est très occidentalisé, américanisé, dans cette ville assez riche. L'aéroport est déjà un bon indicateur du niveau de vie.

Après 20 minutes de taxi, nous déposons nos bagages à l'hôtel et filons surprendre mes parents à l'hôtel. Mauvaise surprise, ils viennent d'en partir pour faire un tour, et ne devraient être de retour que dans 3h. Nous allons donc visiter la cathédrale d'Arequipa, une merveille de style néo-classique plusieurs fois détruite par des tremblements de terre. Elle recèle un trésor d'or et de diamants, sous forme de couronne papale, et d'idoles... Plus de 120kg en tout ! Depuis le toit nous pouvons admirer la place des Armes.

Vers 13h, nous filons à la recherche de mes parents. Leur hôtel nous indique un magasin, mauvaise pioche : la vendeuse ne les a pas vu. Nous arrivons finalement à les retrouver sans une ruelle de restaurants à proximité de la Plaza de Armas. Nous déjeunons rapidement dans une petite boutique de vélos qui sert aussi à manger et profitons de l'après-midi pour visiter le monastère de Santa Catalina.

Le couvent est immense : c'est une ville dans la ville. Pour y faire entrer leurs filles, les parents devaient payer des dotes! Certaines jeunes filles, souvent de familles aristocratiques, avaient des servantes et même de petites maisons situées dans l'enceinte du couvent. Elles étaient cloitrées car les sorties étaient interdites, sauf cas exceptionnel comme par exemple la maladie d'un membre de la famille.

Aujourd'hui, il y a moins de prétendantes au monastère, même si la dote n'est plus d'actualité. Elles ne sont plus que 80, et vivent de leur travail et du tourisme, contre 400 à l'époque qui y venaient pour être éduquées et devenir religieuses.




Dans la soirée, nous allons tester un restaurant avec la famille, pour manger viande et poisson cuits sur de la pierre de lave.

Puis nous rejoignons Noémie et Robin, deux amis de passage à Arequipa, pour boire le traditionnel Pisco Sour! Noémie et Robin traversent l'Amérique du Sud en sac à dos et ont commencé au Sud de l'Argentine.

Nous nous sommes couchés tard et renonçons à rejoindre mes parents pour visiter le marché d'Arequipa. Nous les retrouvons pour le déjeuner et filons au musée des Santuarios Andinos. Nous y apprendrons que les Incas réalisaient des sacrifices d'enfants, plutôt nobles, pour calmer les dieux lors des phénomènes climatiques tels que El Nino (qui existait déjà à l'époque).

Les enfants étaient préparés psychologiquement à être sacrifiés puis à devenir "divins". Le sacrifice avait lieu en haut des montagnes, on leur faisait boire de la chicha morada (une sorte de bière au maïs bien fermentée) et ils prenaient des feuilles de coca pour résister à l'altitude. Une fois au sommet s'en suivait une cérémonie à l'issue de laquelle les enfants recevaient un coup sur la tempe qui provoquait une hémorragie. On les enveloppait dans des couvertures puis l'expédition redescendait. Bien sûr, tout ceci n'est que supposition car on n'est sûr de rien.

Juanita, la momie la plus célèbre, a été découverte sur un coup de chance : entrant en éruption, le volcan Sabancaya a propulsé des cendres aux alentours, qui ont fait fondre les glaces du volcan Ampato situé juste à coté, libérant ainsi le corps de la petite, extrêmement bien conservée (enfin presque ...).


La visite du musée, fût une visite éclair, le guide nous ayant expédié en moins de 30 minutes au lieu d'une heure.

Nous accompagnons mes parents faire du change, le monnayeur essaie de les arnaquer. Ah ben oui zut ! Il donne un mauvais montant de change et oublie donc 100 soles sur le total. Pas de bol mon gars, avec Amandine on checke tout !

Le soir après dîner nous retournons boire un verre avec Noémie et Robin afin d'échanger de nouveaux nos aventures de voyageurs. Ils nous parlent de volontariat, pour des projets divers et variés. Ca nous donne envie.


Mes parents repartent ce matin vers le canyon de Colca. A la base, nous souhaitions aussi aller à la vallée de Colca mais après avoir fait le tour des agences, nous avons lâché l'affaire. L'agence qui proposait un tour qui nous convenait en terme de temps et de visites, proposait un prix exorbitant. Les autres proposaient des prix plus abordables mais nous ne souhaitions pas condenser plus de 10 heures de voitures en 2 jours sachant que nous devons ensuite remonter sur Cusco. Nous choisissons donc de rester à Arequipa pour la fête nationale qui aura lieu prochainement.

Nous trainons à l'appartement, allons manger une crêpe (il y a beaucoup de restaurants français ici) et partons visiter la casa del Monal, la maison du fondateur d'Arequipa. La maison est magnifique et soigneusement décorée mais le musée a peu d'intérêt.

Il nous faut acheter nos billets d'avion de retour pour Cusco. Chez LATAM (la principale et soit-disant plus fiable compagnie aérienne), on nous dit que le tarifs pour les étrangers est de 220$US (oui on parle en dollars, pas en soles) par personne, contre 40 soles pour les locaux. La vendeuse ajoute que si nous achetons les billets à son guichet, il faudra payer 20$US de plus chacun pour le service. Ca fait cher le vol de 40 minutes. La réalité, du moins ma réalité, donc mon avis très personnel est que les professionnels commerçants et hôteliers péruviens n'ont aucun sens du service. Cette agence LATAM en est la preuve, nous cherchons donc ailleurs. Direction Peruvian Airlines. On sait à quoi s'attendre, puisque la compagnie a été interdite de vols par le gouvernement il y a quelques années, pour des raisons de sécurité... Nous nous en sortons pour des billets à 70$US. Le vol est court, le risque et l'inconfort du voyage le seront aussi.

Le soir annonce le début des processions du 15 août. Les rues sont noires de monde, ça danse, et ça boit !

Le lendemain, tout est très calme. C'est comme partout : grosse fiesta le soir et plus personne le lendemain ! Nous profitons de notre journée supplémentaire à Arequipa pour en apprendre un peu plus sur ce qui fait la fierté du pays : le cacao !

Le cours est dispensé par un chef pâtissier péruvien, qui nous apprends qu'un chocolat ne peut être appelé comme tel que s'il contient au minimum 10% de beurre de cacao (en jaune en dessous) et 40% de cacao (les fèves ci dessous). Après question de dosage, entre le sucre, le lait et plus de cacao.

On nous apprends le goût du véritable chocolat, et donc à faire la différence avec ce que les chocolatiers européens y ajoutent : de la praline, de la vanille, du sucre et... des arômes.

A la fin du cours, nous avons même pu faire nos propres chocolats ! Heureusement, on reprend le vélo bientôt !

Arequipa, du 10 au 16 août 2017

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