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Huaraz

07/08/2017

Le bus pour aller de Trujillo à Huaraz fût un challenge : pour la première fois nous devions nous séparer de l'un de nos vélos. En effet, la seule entreprise ayant accepté de nous emmener avec nos vélos à Huaraz ne pouvait en mettre qu'un seul par bus (au Pérou les bus sont très souvent à deux étages avec un tout petit coffre). Le vélo d'Amandine part donc le matin, alors que nous prenons le bus avec mon vélo le soir.

Nous arrivons à Huaraz à 6h du matin. Rapidement le stress de dissipe : le vélo d'Amandine est bien arrivé, sain et sauf, le mien également. Ils n'ont que quelques égratignures, il faut dire que les manutentionnaires locaux n'y vont pas avec des pincettes. Soyons francs, ils n'en ont rien à fout... . 

Nous ne pensons qu'à une chose : dormir. Ça tombe bien, notre hôtel est à 50 mètres de l'arrêt de bus. 

L'hôtel n'est pas exactement aussi rutilant que sur les photos. La personne qui nous "accueille" commence par nous demander de payer cash les 6 jours de réservation. Nous lui montrons gentillement les logos de cartes bancaires affichés sur les murs de l'hôtel. Il nous dit que la carte bancaire ne fonctionne pas, mais que cela sera réglé d'ici 1 ou 2 jours. Mais que ça l'arrange si nous payons maintenant en cash quand même. Nous refusons, arguant que si nous avons choisi cet hôtel, c'est justement pour payer par carte.

Nous dormons jusqu'à 15h, jusqu'à ce que la cour intérieure de l'hôtel devienne bruyante, trop bruyante. Je sors et j'hallucine. La cour s'est transformée en énorme bordel : des gens assis par terre avec des sacs, des télévisions dans l'herbe, des bouts de meubles un peu partout ... Bref, je ne comprends pas. Un type vient vers moi : il s'appelle Alan, il vient de racheter l'hôtel ! Il me demande si l'on peut changer de chambre car dans la notre, il doit récupérer.... le lit de l'ancien propriétaire.

Après avoir déménagés, nous allons nous balader en ville avec Amandine. Près de la place des armes, elle fait un malaise : souffle court et vertige. Je m'inquiète et la fait asseoir sur des marches. Serait-ce la vue impressionnante des glaciers nous entourant qui l'a mise dans cet état ? Non, c'est autre chose à quoi nous n'avions même pas pensé : hier nous étions sur la côte, aujourd'hui nous sommes à 3100 mètres d'altitude. Normal qu'Amandine ait besoin d'un petit temps d'acclimatation.

Après un déjeuner bien mérité, nous rentrons nous reposer, lire et regarder la suite de l'animation de l'hôtel. Un vrai spectacle.

Lorsque nous choisissons un hôtel, nous regardons trois critères importants : le wifi (pour pouvoir planifier la suite du voyage), l'accès à une cuisine et le fait de pouvoir payer en carte (parce que c'est plus simple pour nous, et qu'au moins, on est sur que c'est réglo, au moins de notre coté). J'interroge Alan à ce sujet car le wifi ne fonctionne pas et je ne trouve pas la cuisine. On sait déjà que la carte est en option. Le type me dit que le wifi fonctionnera bientôt (il ne marchera jamais...) et commence à me parler de l'énorme cuisine qu'il est en train de rénover. "Amigo, dans un mois, on aura la meilleure cuisine de tous les hôtels de la ville !". Mouais, dans un mois, on sera bien loin et en attendant on ne peut pas se faire à manger. 

 

Pour dîner, nous trouvons un restaurant suisse allemand qui sert des saucisses et de la bière belge. Première fois depuis trois mois, Amandine boira une Chouffe et pour moi une Chimay Triple. Ça nous change des Pils locales.

 

Le lendemain matin est calme, nous trainons et essayons de préparer notre séjour prochain au Machu Picchu. Les informations trouvées sont peu claires et les prix exorbitants. 

L'après midi nous allons visiter le musée archéologique d'Ancash (la région de Huaraz). Beaucoup de poteries et de nombreuses statues taillées dans le granit qui représentent soit des personnages humains, soit des animaux mythologiques extraordinaires ayant pour base le lézard ou le chien. 

Nous enchaînons sur le marché et un cordonnier. Mes chaussures de randonnées s'étant déchirées avec le vélo, elles ont besoin d'une réparation!

 

Notre troisième jour à Huaraz commence et nous allons enfin faire une activité digne de ce nom : une petite randonnée d'acclimatation. Malgré le réveil difficile et notre manque de motivation, nous prenons un taxi pour aller vers le pont Santa Cruz. Nous attaquons la montée sous un soleil de plomb. La montée dans la Cordillère noire est facile et l'altitude ne se fait presque pas ressentir. Bon nous mangeons quand même des bonbons à la coca. 

En chemin nous croisons un agriculteur qui fait marcher un âne sur de la paille. On lui demande ce qu'il fait : il égraine. L'âne fait tomber les grains de blés en marchant dessus, comme chez nous avant les moissonneuses ! 

Nous continuons notre route et sommes dégoutés par les tonnes de déchets qui accompagnent la balade. Une décharge à ciel ouvert, qui s'accompagne de mouches qui nous collent. Pas des plus agréables.

A 12h30, nous arrivons à la lagune de Willcacocha. La vue sur la cordillère blanche est grandiose. Nous prenons une photo de la montagne, quand une autochtone vient nous demander de l'argent. C'est que devant nous il y a son cochon, elle veut donc que l'on paie pour prendre en photo son cochon devant les montagnes. Non merci !  

En redescendant, nous re-croisons les moissonneurs qui en sont à une autre phase du processus. Amandine veut prendre une photo. A la vue de l'appareil photo, une péruvienne se met à sauter et à crier en demandant de l'argent à Amandine. Amandine lui dit non car ce matin était gratuit. Notre amie lui dit alors que justement, même si elle ne prend pas de nouvelle photo, il va falloir payer pour ce matin... 

 

Le réveil à 4h50 pique un peu. La nuit a été courte. Il faut dire que notre hôtel est loin d'être "calme et reposant" comme indiqué dans l'annonce : il est situé au milieu des boîtes de nuits qui jouent en boucle le dernier Enrique Iglesias jusqu'à 3h du matin.

Nous rencontrons Louis et Mélanie, Québecois, à l'entrée de notre hôtel. C'est parti pour 60 kms de route, soit 2h (pas très rapide hein ?). A 7h40, petite pause pour un déjeuner de champions. Encore deux heures de route sur de la piste et nous voilà à 3900 mètres, au point de départ de la randonnée Laguna 69. L'ascension commence le long d'une rivière, on s'en rend moins compte en serpentant la rivière, mais ça monte bien. Puis s'ensuit des montées en lacets un peu plus pentus. En soit la randonnée n'est pas difficile mais l'altitude nous en fait baver. Depuis le début nous nous sommes donc imposés un rythme lent afin de ne pas nous essouffler. Pour lutter contre le soroche (mal des montagnes) nous avons préparé une mixture à base de poudre de feuille de coca. La majorité des autres randonneurs marchent vite et nous dépassent ... pour s'arrêter 50 mètres plus loin, essoufflés et avec des migraines. Nous les dépassons à notre rythme puis ils se remettent en marche rapidement, nous re-dépassent et s'arrêtent encore 50 mètres plus loin, et ainsi de suite.  Au fur et à mesure de la montée, le mal de tête devient persistant pour Amandine, je suis un peu essoufflé mais je ne ressens pas les mêmes effets. Après une montée interminable, nous arrivons enfin à la lagune. 

Nous restons peu de temps, car il faut déjà repartir, le bus du retour partant à 15h. La descente est difficile, Amandine a fortement mal au crâne, probablement dû au fait que nous devons nous dépêcher pour rejoindre le bus. J'ai un léger mal de crâne qui s'intensifie brutalement après avoir couru et sauté pour prendre cette photo. 

Nous avons beau nous dépêcher, nous n'arrivons au bus qu'à 16h45. Fort heureusement, il y a encore quelques personnes derrière nous et le bus nous attend. Sur le retour en ville, nous voyons des ouvriers installer des câbles électriques : ils les jettent sur les installations existantes en essayant de faire des noeuds pour que les câbles tiennent. Les nombreuses pannes électriques en cas de vents tombent sous le sens.

 

Amandine a chopé une bonne crève suite à la randonnée. Le jour suivant est donc un jour de repos imposé. Nous achetons les billets de bus pour aller à Lima, réservons un logement pour l'arrivée et allons chercher des cartons dans un supermarché pour emballer les vélos.

Petite anecdote reflétant de nouveau la mentalité de certains locaux : pendant qu'Amandine va retrouver la personne qui nous a aidé à choper les cartons pour lui donner un pourboire, j'attends à l'entrée avec les cartons. Le vigile vient me voir et me demande de l'argent, en précisant que je ne sortirai pas du magasin sans l'avoir payé. Je l'envoie balader comme il se doit et file avec les cartons. 

 

Ces derniers jours renforcent un sentiment global depuis le début de notre voyage au Pérou. Beaucoup de péruviens ne voient pas notre visage, en nous regardant, ils ne voient que ça : 

 

Pour ce dernier soir, nous retournons dans le restaurant Suisse-Allemand pour profiter d'une fondue savoyarde.

Dernier épisode épique de notre hôtel : Le dernier soir, nous nous signalons pour dire que nous voulons payer, par carte. Alan insiste largement pour que nous allions retirer. Il veut du cash. A demi mot, nous comprenons que c'est par ce que ce n'est pas déclaré. Sauf que c'est principalement pour cette raison que nous tenons à payer en carte. Alan nous dit que finalement, on va trouver une solution. Suite au prochain épisode....

 

Huaraz, les 2, 3, 4, 5 et 6 août 2017

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