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Puno et la frontière Bolivienne

07/09/2017

Les bords du lac Titicaca et la ville de Puno sur sa rive sont réputés. Pour la hauteur de l'endroit d'abord : il culmine à plus de 3800 mètres. Pour sa taille ensuite : c'est le plus haut lac navigable du monde, avec 8372 km2. Alors comme ça, évidement, ça ne dit rien à personne. Pour vous donner une idée, c'est presque aussi grand que le département de la Dordogne...

 

Après notre arrivée mouvementée à Puno, nous nous sommes accordés trois jours de récupération, augmenté d'un jour supplémentaire, car j'écope d'un méchant rhume la veille du départ. La ville ne vaut pas spécialement le détour, pas très harmonieuse niveau architecture, beaucoup de restaurants touristiques, et puis, il faut dire que le lac lui vole largement la vedette. Nous avons pris un bateau pour visiter ses merveilles locales.

 

Les iles flottantes Uros d'abord, à 6 kilomètres au large de Puno. Elles sont construites avec la terre des roseaux qui, compressée au fil des années, devient imperméable. Des morceaux de terres sont accrochés les uns aux autres, jusqu'à construire une plateforme de 10 mètres sur 10. Pour les couches supérieures et les bâtiments, ils utilisent non plus la terre, mais les roseaux eux mêmes ! Une île est en général habitée par 3 familles, qui ont intérêt à bien s'entendre, vu la promiscuité.  Anecdote rigolote : en cas de divorce, les iles sont coupées en 2 !

En terme d'infrastructures, tout y est présent, mais en mode ile flottante : des écoles, des magasins, une église.

Nous enchainons sur deux heures de bateau (oui, c'est grand comme lac) pour rejoindre l'île Taquilé, un peu plus loin et toujours en terre Péruvienne.

 

 

Comme vous avez pu le comprendre, les Aymaras sont fortement dépendant du roseau, et de sa croissance, pour renouveler les iles. Lors de notre retour à Puno, nous avons assisté à la mise au feu de champs de roseaux, afin qu'il puisse se régénérer l'année prochaine. Leur terre brulée locale, mais à bon escient cette fois. C'est assez impressionnant, et on comprends pourquoi, c'est interdit par le gouvernement péruvien.... Mais bon, apparement, les péruviens font ce qu'ils veulent... ahahah

Lors de notre passage à Puno, nous avons pu assister à une grande manifestation des professeurs. La grève durait déjà depuis un mois. Décidément, depuis le début de notre périple en Amérique du sud, le salaire des professeurs est un véritable sujet de grogne, puisque les professeurs colombiens étaient en grève lors de notre passage en mai / juin.

 

Après 3 jours de repos à Puno, il est temps de partir pour la frontière Bolivienne, à 130 kilomètres de là. Nous ferons 2 étapes car le vent sur cette partie de l'altiplano souffle fort, et que bon, on roule quand même à plus de 4000 mètres !


La première journée est un peu monotone, si ce n'est qu'elle est ponctuée par une rencontre étonnante. Nous commençons par rouler à proximité du lac, puis nous enfonçons dans les terres. Soudain, lors d'une pause, nous sommes rattrapés par un cyclotouriste Japonnais ! Il vient d'Alaska en vélo, et s'arrête, comme nous, dans la ville de Juli ce soir.

Nous continuons et le retrouverons ce soir à l'entrée de Juli. Entre temps, mon état a empiré, le rhume ne me lâche pas. Je garde les vélos pendant que les garçons cherchent un hostel. Juli est une ville pas du tout touristique : résultat, seulement 3 hostels sur la place principale. Tous les hôtels sont aux 1er, 2ème et 3ème étages de petits immeubles. Quelque soit notre choix il faudra monter nos chargements. On prend le moins pire des trois, c'est à dire celui qui a de l'eau chaude ... 

 

La tenancière nous demande de payer cash, à notre arrivée. Nous nous acquittons donc du règlement tout de suite, même si nous préférons généralement payer au moment de partir. Nous remarquons qu'il n'y a pas de serviettes dans notre chambre, pas de savon non plus... et qu'il y fait froid. 13 degrés, pas plus. Ah oui, et finalement le wifi ne marche pas ...

Nous sommes excédés par notre étape de 82 kilomètres, mon rhume qui refuse de se calmer, et toutes ces déconvenues, nous qui voulions seulement nous reposer après une bonne douche. Autant vous dire que quand l'hôtesse est venue nous apporter une seule serviette, de la taille d'un essuie-main, en nous disant qu'elle ne nous donnerait rien d'autre, on a eu vraiment du mal à garder notre sang froid. 

Il faut qu'on vous explique son raisonnement : elle loue une chambre, donc elle donne une serviette. Logique non ?

- "Et quand on est deux, dans une chambre avec un lit pour deux personnes ?" 

- "Une seule serviette, aussi"

- "Et pour la chambre de quatre personnes"

- "Pareil"

 

Mon peu de diplomatie y est passé : j'ai perdu 10 minutes, et ai récolté une migraine de première catégorie. 

 

On doit déplorer à l'occasion de cette rencontre du troisième type, le premier gros pétage de cable de Fabien. Il aura supporté les coups de klaxons intempestifs à Huaraz, les conducteurs plus dangereux les uns que les autres sur la route, les "Gringos" hurlés bien fort, les chiens lancés sur nous pour faire rire, la corruption, leur envie constante de faire du black et les prix augmentés par trois à cause de notre couleur de peau. Là, s'en était trop ... 

 

Le ton est monté, on a fini par demander assez fermement une seconde serviette... qu'on nous ramènera, en nous précisant qu'elle est payante ... On lui a pris la serviette des mains, en claquant la porte, pour contenir la fureur de Fabien.

Sans se décontenancer, elle vient frapper à notre porte une minute plus tard, pour nous dire qu'elle veut qu'on quitte son hôtel, car, on lui a manqué de respect devant son fils et son mari ... Quand on lui demande de nous rembourser, elle nous dit que ce n'est pas possible. On refuse de partir, et je propose d'appeler la police pour régler ce petit diffèrent. 

Sans doute amusé au debut, le mari en question sent que ça commence à sentir le roussi, et très rapidement, s'adresse à sa femme pour lui dire "Basta !". Je saisi l'occasion pour répéter le "Basta", signifiant ainsi qu'on laissait tomber. C'est sans compter sur la fureur du désaveu... L'hôtesse était tellement fâchée contre son mari qu'elle l'a cogné ! 

 

J'ai bien vite refermé la porte, médusée ... Il est temps qu'on quitte le Pérou. Ce pays nous éprouve beaucoup.

 

 

Le soir, rien ne semble ouvert pour manger à proximité de l'hôtel et il faut de plus en plus froid. Nous sortons donc le réchaud dans la chambre et nous cuisinons une soupe de pâtes chinoises. 

 

Le lendemain matin, nous voulons partir tôt. A 7h, nous chargeons nos vélos. Comme d'habitude, on revérifie toujours deux fois qu'on a rien oublié. Pas possible cette fois là, la tenancière a fermé dernière nous ... Impossible aussi de saluer le Japonnais... 

Nous partons vers la frontière, à 60 kilomètres de là. Le paysage est toujours monotone, dans les terres et loin du lac. Etendues infinies d'herbes grillées que seules le vent vient déranger ...

Nous arrivons finalement à la zone démarquant le Pérou et la Bolivie. C'est une vrai zone de non droit. Un marché géant, à ciel ouvert, ou se cotoient meubles, matelas, animaux domestiques, repas de rues et cochonneries en plastique.

 

 

Le passage des frontières ne nous prends pas plus de 5 minutes. Les vélos et bagages n'ont même pas été remarqués. Tant mieux. Du coup nous partons vite, pour rejoindre Copacabana, à 8 kilomètres de là.

 

Pour bien commencer la Bolivie, je commence par me faire renverser, juste après le poste frontière. Rassurez vous, rien de grave. Une bolivienne à strabisme aggravée, qui ne pouvait pas attendre 2 secondes que je passe pour décharger son balôt de laine.... du coup, elle l'a balancé sur la route, devant ma roue... Patatras ! J'écope d'une bonne chute, et je laisse à la frontière un peu de mes genoux....

 

Hasta Luego Pérou !

 

Les 3, 4, 5, 6 et 7 septembre 2017

 

 

 

Allez, pour se détendre de cet épisode un peu houleux, une petite charade ;-)

Mon premier est la sixième note dans la gamme de do majeur

Mon deuxième est le début de maman

Mon tout est une bête qui crache.

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