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De Neuquen à Junin... Euh non, finalement... Bariloche

30/10/2017

Avant de remonter sur nos vélos, nous aurons droit à une nouvelle mésaventure avec le bus. Comme d'habitude, nous avons demandé à l'agence pour transporter les vélos et comme évoqué, nous arrivons en avance. Sauf que là, au moment où le bus Andesmar arrive, les chauffeurs d'Andesmar nous disent que leur bus ne prendra pas nos vélos et que ce n'est pas discutable. C'est même hors de question. 

 

Pour la petite histoire et surtout pour dissuader de futurs voyageurs de se faire avoir, nous répétons plusieurs fois le nom Andesmar. A ce qu'il paraît cela fait du bien à leur SEO.

 

Heureusement que ma charmante moitié a de la patience. Elle essaie de négocier avec les chauffeurs d'Andesmar et finit par retourner voir l'agence d'Andesmar qui a vendu les billets. Une vendeuse d'Andesmar lui dit clairement que ce n'est pas son problème et que c'est à nous de nous arranger avec les chauffeurs. Nous ne partirons bien évidemment pas sans nos vélos, mais si nous ne partons pas, impossible de se faire rembourser les billets de bus. On est en Argentine, autant vous dire que rien n'est donné et que c'est la première fois depuis le début du voyage que l'on doit payer plus de 160 euros pour des billets de bus.

Les chauffeurs nous redisent que les vélos ne rentrent pas. Amandine leur propose de leur montrer que si, ça passe. Nous allons directement au niveau du coffre et commençons à charger. Un des types nous met des étiquettes sur les bagages, c'est bon ça va passer. Sauf qu'une fois les vélos chargés, le type nous demande une somme astronomique : c'est simple, c'est tout le cash qu'il nous reste ... Je suis fatigué, et sans réellement faire le calcul je lui donne les billets et lui demande une facture. Il me dit que c'est impossible. Quelques instants plus tard, une dame qui était derrière nous vient nous parler. Elle nous explique que nous nous sommes faits arnaqués et que le transport de tous les bagages est gratuit. Elle va jusqu'à engueuler les chauffeurs afin qu'ils nous remboursent, et va au comptoir de l'agence pour se plaindre de leur comportement.  Malheureusement sans résultat. Eh oui, ce n'est pas qu'en Colombie ou au Pérou que ce genre de situation arrive. Nous n'y échapperons pas non plus en Argentine.

 

A l'arrivée, le chauffeur nous reprendra nos tickets de bus "en échange de la récupération de nos bagages". J'avais bien anticipé en les prenant en photos. Je ferai les réclamations auprès d'Andesmar qui ne prendra pas notre histoire en considération. "Il fallait acheter des tickets de bagages pour vélo" me dira-t-on "et refuser de payer les chauffeurs". Alors d'un, aucun des employés d'Andesmar n'a entendu parlé de tickets pour bagage vélo et deux, quand on est devant le fait accompli, on n'a pas le choix que de payer des salariés corrompus.

 

NEUQUEN

 

Nous arrivons de bonne heure à la gare routière de Neuquen. La ville n'a pas grand intérêt, sinon que l'on commence à sentir la proximité avec la région des lacs. Pour preuve, Neuquen est une oasis verdoyante, et au milieu coule une rivière. ;-)

 

Le vélo nous a manqué, il faut dire que cela fait un moment que nous n'avons pas chevauché nos selles, presque un mois. Nous prévoyons une petite étape, seulement 57 kilomètres. La sortie de la ville n'est pas très agréable, sur une contre-allée où les argentins roulent comme des furieux.

 

Plus loin, nous profitons pour notre plus grand bonheur d'une large piste goudronnée en parallèle de la Route 40. La Route 40, c'est la célèbre route qui traverse l'Argentine du nord au sud de et qui est un fort axe de trafic routier. Du moins au début car plus on descend moins il y a de monde. 

 

Le long de la route, nous lisons des inscriptions : "Rioseco" (qui se traduirait par "fleuve sec"). Nous pensions que les Mapuches étaient à l'origine de ses inscriptions pour pousser un cri de protestation contre les barrages hydroélectriques de la région. Ces installations ont de lourdes conséquences sur l'environnement et assèchent certains fleuves sur les territoires Mapuches.

C'est en fait le nom d'un candidat aux élections législatives : Ramón Rioseco. On a bien rit ! 

 

 

 

Villa El Chocón

 

 

Après une première nuit à Arroyito, nous poursuivons notre route le long de la route 40. Les paysages se font de plus en plus désertiques. On aperçoit ici et là des plantes qui verdissent un peu de paysage, mais globalement, ce sont des étendues de caillasse ocre, rouge et jaune à perte de vue que nous traversons avant d'atteindre Villa El Chocon. Lieu dit fort sympathique. Le paysage est impressionnant, l'eau d'un bleu turquoise hallucinant, (que la photo ne rend pas du tout). Malheureusement pour les amoureux de naturel, c'est un lac artificiel qui a été créé par la construction d'un barrage hydroélectrique que nous admirons.

 

 

Le lendemain, nous rejoignons la route 40, dont nous nous étions un peu éloignés, pour continuer notre descente vers le sud. Une autre étape, un peu monotone nous attend. Heureusement, nous pouvons compter sur la créativité des panneaux de signalisation argentins pour égayer un peu le paysage.

 

 

 

 

 

Picún Leufú

 

 

Nous arrivons après une bonne journée de vélo. Le vent, de face, a commencé à souffler fort en fin de matinée, et nous arrivons complètement épuisés. Nous cherchons à anticiper pour le lendemain, car nous savons qu'une étape de 94 kilomètres nous attends. Donc, en cas de rade, il vaut mieux avoir du pain. La boulangère de la Panaderia El Arriero nous demande où nous dormons et nous raconte qu'elle a déjà accueilli à plusieurs reprises des cyclotouristes de passage à Picún Leufú. Elle nous donne des conseils sur la région, notamment d'aller visiter El Bolson, au sud de Bariloche. Elle nous conseille aussi d'être vigilant : tout le monde n'est pas bien intentionné dans la région. Elle nous offre le pain avec un grand sourire. Nous insistons pour payer, en vain. C'est sa contribution à notre voyage. Nous sommes touchés, ravis : c'est fou comme un petit geste peut faire beaucoup.

 

 

Piedra del Aguila

 

Le lendemain, nous partons de bonne heure. Une grande étape nous attend, et le vent n'est pas censé souffler trop fort avant midi. C'est peine perdue. Le vent, d'une violence sans pareil nous empêche de rouler. Rien qui ne vienne freiner sa progression, pas une colline, un arbre, un bosquet où s'abriter de ses furieuses rafales. Quand le vent nous fait faire une embardée de trop, nous abandonnons, et descendons de vélo, pour pousser. Nous peinons, et poussons nos lourds chargements en espérant une accalmie. En vain.

 

A midi, épuisés, après avoir parcourus 15 kilomètres sur les 95, nous nous décidons à faire signe à un camion. Amandine s'y colle, car, je ne suis pas des plus optimistes. 

5 minutes plus tard, un camion transportant des parpaings s'arrête. Amandine lui explique la situation, ni une ni deux, il nous embarque. Notre chauffeur, cette fois, c'est Fernando. Il habite Bariloche. Nous discutons pendant une heure de tout et de rien. De l'économie Argentine, des relations avec le voisin chilien, des coutumes de son pays. Il nous confirme ce que nous commencions à percevoir : ici, tout est compliqué. Il nous dit que les argentins sont des feignants quand nous demandons pourquoi les terres ne sont pas irriguées pour être cultivées... Nous arrivons bientôt à Piedra del Aguila. Il nous redemande plusieurs fois : vous être sûrs que vous voulez descendre là ? Il n'y a rien à faire ! Je veux bien vous emmener jusqu'à Bariloche si vous voulez ! On insiste, on veut continuer en vélo, le vent va bien finir par se calmer. Quand on lui propose de participer aux frais d'essence, il refuse, et d'un grand sourire nous dit "Ah non, vous irez au restaurant, et vous penserez à moi !"

 

Dans un restaurant, justement,  le serveur me demande comment je veux mon Asado. Je lui réponds saignant et il me sert de la semelle. Pour ceux qui se questionnent voici les différents types de cuisson en Argentine : 

 

Il ne faut pas hésiter à leur demander la cuisson du niveau du dessous pour l'avoir comme il faut. Ils n'ont pas l'habitude de servir la viande rouge. Donc pour un steak "A Punto", il faut demander "Jugoso".

 

 

A Piedra del Aguila, nous resterons enfermés deux jours pour nous reposer et en espérant que le vent se calme. Il est censé se calmer bientôt nous dit-on. En attendant, se sont des rafales à plus de 120 kilomètres heures qui s'abattent sur ce petit oasis.

On vous laisse juger de l'effet sur un cycliste, non chargé : 

 

 

D'après les dires des locaux ce vent est exceptionnel. La Patagonie est une région venteuse mais pas à ce point. 

 

C'est ici que nous rencontrons nos premiers problèmes de liquidité. Le seul distributeur de la ville.... n'accepte pas notre carte. Et comme d'habitude, les restaurants ne la prennent pas. Heureusement, le petit supermarché lui, l'accepte. Pas grave donc, on cuisinera nous même. Pour d'autres qui voyageraient dans la région, attention donc aux distributeurs des banques régionales, comme la BPN (Banco Provincial de Neuquen). Ils n'acceptent que les cartes bancaires d'Argentine.

 

 

Le lendemain, nous partons. Le vent est toujours aussi violent, mais il faut bien avancer. Rebelote. Cette fois nous faisons 20 kilomètres, en poussant sur le bas coté. Outre le vent violent, les chauffeurs sont complètement fous sur cette portion de route, et il vaut mieux être à bonne distance de l'asphalte. Ca nous rappelle malheureusement un peu le Pérou...

 

Nous poussons donc, encore, jusqu'à ce qu'un pick-up s'arrête, spontanément. Au volant, Raoul, qui nous dit de monter. Il vient directement de La Palta, à 1500 kilomètres de là. Il nous dit que ça lui fait du bien de parler, ça le tient éveillé. Ok, nous voyons ça comme un échange de bon procédé :-) .

Jusqu'à ce que nous comprenions comment il avait réussi à faire 1500 bornes en... 10h ! Pas de secret, c'est un pilote. Enfin, un pilote argentin. Il roule aussi vite que sa voiture et la route cabossée le permet. Il double en côte, dans les virages, sans visibilité. Plusieurs fois nous sommes à la limite de dire "Merci, mais on va descendre là finalement". Voyant qu'il ne nous reste plus beaucoup de kilomètres, on opte pour se taire et prier silencieusement.

 

Nous arrivons finalement en vue de Bariloche. Raoul nous dépose dans le centre, et comme Fernando, refuse notre proposition de participation aux frais.

 

 

Argentine, du 24 au 30 octobre 2017

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