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La Ruta de los 7 Lagos

12/11/2017

Nous repartons de Bariloche le lendemain. Il ne sera pas dit qu'on ne fera pas de vélo en Patagonie ! Nous avons étudié le trajet pour faire la route des 7 lacs, une des plus belles régions de la Patagonie. Nous nous élançons donc vers le nord, en empruntant la route 40, dans l'autre sens cette fois.

 

Notez bien que ce n'est pas parce que nous allons en sens inverse que le vent est dans notre dos. Il faut croire que ça fluctue beaucoup. En cette fin d'après-midi, il est de coté. La sortie de Bariloche n'est pas agréable. Nous trouvons refuge sur la contre allée, puis empruntons les routes secondaires pour éviter au maximum la route 40. Nous rejoignons vite Dina Huapi, un nouveau village, au pied du Cerro Leone (volcan aux lions), appelé ainsi car lorsque Perito Moreno a cartographié cette montagne, il y a vu des pumas, et les as confondus avec des lions ! 

 

Nous rejoignons la route 40, et poursuivons sur le bas coté, pour éviter les conducteurs particulièrement dangereux. En route,  nous passons un amphithéâtre naturel, magnifique. Le temps est gris et nous essuyons plusieurs averses. Nous revoyons donc à la baisse le nombre de kilomètres de la journée. En fin d'après-midi nous passons un pont de singe pour rejoindre le petit village de Villa Llanquín.

 

Le village contient deux hôtels et six campings mais tout semble fermé. Il faut dire que nous ne sommes pas encore en haute saison. Ici, il neigeait encore il y a quelques jours. Un individu que nous croisons sur la route nous propose une cabane pour dormir.  Combien ça coûte ? "Rien du tout, à peine le prix d'une bière nous dit-il". C'est spartiate : pas de chauffage, nous devons dévisser l'ampoule pour "éteindre la lumière", douche dans un réduit, mais ça reste correct en terme de prix. Comme la nuit nous ne sommes pas rassurés, nous nous rhabillons pour rentrer les vélos à l'intérieur. Tout un chantier.

 

Le lendemain, au moment de payer, le propriétaire double le prix. Nous n'avions apparement "pas compris" qu'il s'agissait du prix par personne. Nous sommes pourtant sûr d'avoir compris. Très énervés, nous rétorquons que nous n'avons rien d'autre que ce que nous lui donnons. Soit 1,5 fois le prix convenu. Lui et sa femme sont fachés, mais finalement, on part sans donner plus. Marre de ce comportement.

 

Nous continuons notre route vers le nord. Les paysages enchanteurs de la Patagonie nous accompagnent : cours d'eau aux milles nuances de bleus, qui permettent à une nature verdoyante de se développer. Les arbres en fleurs complètent ce tableau. Fort heureusement, la pluie est derrière nous.

 

A une intersection, nous quittons la route 40 pour rejoindre une route de ripio. On y est très tranquille, c'est très peu fréquenté, si ce n'est par ... de vieilles tractions! Un club automobile est situé non loin. Autant dire que cette route de terre battue, c'est leur terrain de jeu.  Ils seront nombreux à nous doubler, on arrêtera de compter. 

 

Le soir, nous atteignons le petit village touristique de Villa Traful. Ici, pas de réseau. Nous faisons du porte à porte pour trouver un logement. Les prix annoncés sont exorbitants. Clairement, c'est une station touristique de luxe. Et pour couronner le tout, personne ne prend la carte et le seul DAB du village c'est... BPN. Génial. 

 

Au final, nous serons bien obligés de payer un prix exorbitant, dans le seul hôtel qui accepte la carte. Et encore, il a fallu qu'on aille à l'autre bout du village pour payer dans le restaurant du frère de la cousine... 

 

Le lendemain, nous reprenons notre route, toujours sur le ripio. Les paysages sont sympas, ça compense avec la route qui est truffée de nids de poules. Sur certaines portions, nous devons pousser le vélo, ce n'est praticable qu'à pied. Nous terminons cette route sous la pluie, le vent et dans le froid.

 

Le soir, on trouve un camping, à coté d'un hôtel. On demande le prix de la chambre au cas où. 450 pesos, par personne. Soit 45 euros la nuit. Dans un taudis. On préférera poser notre tente pour 150 soles (7,5€) , dans un camping sans sanitaires et donc les poubelles de la saison dernière jonchent encore le sol. On se souvient que 7 euros, c'est le prix qu'on a payé pour un camping de "luxe" à Forcalquier dans le Lubéron, en plein mois d'août...  On pense qu'il y a comme un problème ici.

 

Le soir et le matin, on se félicite quand même du spot. Même à la limite de l'insalubrité ça vaut le coup de voir ça en sortant de la tente le matin.

 

On remballe, et repart pour une autre étape. On a vu la côte qui nous attend hier, on sait qu'on va morfler aujourd'hui. Mais on a du mal à décoller. Dormir en tente, c'est toujours prévoir au minimum deux heures pour tout ranger dans les sacoches, sans parler du temps pour faire sécher la toile, qu'on ne pas pas ranger comme cela dans les sacoches... On s'est amélioré au fil du temps, mais il nous faut quand même minimum une heure pour tout ranger.

 

Aujourd'hui, on rencontrera autant de cyclotouristes que dans tout notre voyage. D'abord, c'est un argentin, dont nous n'avons pas retenu le nom, parti du nord de l'Argentine trois mois plus tôt. Puis, Lucas Valdivieso, un italien sur la fin de son périple, il est parti 15 jours plus tôt de Santiago de Chile. Il a fait 1500 bornes, en 15 jours. Et il a souffert : du soleil, de la pluie, du vent et de la solitude. Il est dégouté, et ne pense qu'à une chose, rentrer et retrouver ses proches. Son visage est brulé, son mental très affecté. Il nous dit qu'il a cru mourrir. Nous voulons bien le croire. Cette rencontre nous touche. 

 

Malgré ce départ tardif, un sacré dénivelé et les rencontres en route, nous rejoindrons le Lago Hermoso un peu avant la nuit. Encore une nuit en camping devant nous. Celle là nous coûte 400 pesos. 20 euros. Heureusement que demain nous rejoignons une grande ville, car nous n'avons plus un sou en poche maintenant ! Qu'on se le dise, la Patagonie c'est cher, et il faut payer cash !

 

Nous aurons froid cette nuit, il a gelé. On a pas regretté nos sacs de couchage Triple Zéro. C'était un investissement, mais clairement, je tremble à l'idée de la nuit que nous aurons passé dans un sac de couchage de moins bonne qualité. 

 

Le matin, on gagne en efficacité, et nous sommes sur le départ en une heure. Encore une bonne étape aujourd'hui, et 600 mètres de dénivelé, fait essentiellement de bosses, qui ralentissent notre progression. En route, nous rencontrons plusieurs motards, des cyclotouristes argentins (Facundo Pognodeo et Guillermo Valero - cf. photo), sur la route pour San Martin de Los Andes; puis, deux français avec deux carrioles, et finalement, un couple à vélo avec des back-packs sur le dos. Ces derniers méritent, selon nous, la palme des fous furieux. On n'ose imaginer l'état de leur dos.

 

 

Nous arrivons finalement en haut d'un plateau, auquel succède une descente de 16 kilomètres. C'était notre récompense, après en avoir autant bavés. Finalement, c'est un effet soufflet : nous sommes sur le qui vive à cause des voitures qui nous frôlent, et de nombreux lacets assez dangereux. Nous arrivons à la tant attendue ville de Saint Martin de Los Andes, au détour d'une épingle.

 

C'est une jolie petite ville, entourée par les montagnes. En haut, une station de ski, toujours ouverte. Nous nous reposerons ici quelques jours, avant de reprendre le périple de retour à Bariloche.

 

Le temps n'est pas au rendez-vous, il fait froid et il pleut beaucoup. Mon mal de dos me relance. Après 3 nuits à San Martin de los Andes, nous décidons d'aller à Villa La Angustora en bus plutôt qu'à vélo. 

 

Nous resterons plusieurs jours pour nous balader à vélo (sans les bagages) et visiter les alentours.

 

C'est un village touristique mais nous rencontrons toujours le même problème : peu de distributeurs acceptent nos cartes bancaires et la grande majorité des commerces n'accepte que le liquide. Un midi, nous faisons le tour de plusieurs restaurants pour pouvoir manger en payant par carte. Après de nombreux essais, nous trouvons un restaurant qui nous dit pas de soucis, ils prennent TOUTES les cartes. Au moment de payer, c'est finalement liquide ou paiement via carte de crédit VISA. On leur indique que ce n'est pas ce qui a été précisé quand nous sommes entrés dans le restaurant.

 

Après avoir pédalé à proximité de la frontière chilienne, avoir randonné dans le Parc National Los Arrayanes (en contournant les gardes forestiers parce que 15 euros la rando il ne faut pas déconner... ) puis rejoint les différents miradors à proximité afin d'admirer les nuances de bleus des lacs qui nous entourent, nous reprenons la route vers le sud.

 

A l'échéance de nos 6 jours à Villa La Angostura, nous repartons pour une étape de 90 kilomètres à destination de San Carlos de Bariloche. Sur la route, nous croisons Stephan (cf. photo), il est Allemand et c'est son premier jour de vélo. Il se donne deux mois pour aller à Ushuaia en alternant la descente entre l'Argentine et le Chili.

 

 

Argentine, du 31 octobre au 12 novembre 2017

 

 

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