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Mendoza, la porte de l'Argentine

16/10/2017

Le passage de la frontière fût long... et froid. Le poste de frontière est à plus de 3000 mètres d'altitude, à proximité de la plus haute montagne d'Amérique du sud, l'Aconcagua, qui culmine à 6962 mètres.

 

On nous fait sortir du bus pour aller faire tamponner le passeport coté Argentin. Une affiche en noir et blanc est collée sur une vitre, elle représente la photo d'un homme avec le message "¿ Donde està Santiago ?". Encore ce même message, il faut vraiment que l'on se renseigne sur ce fameux Santiago. 


On nous redemande de retourner dans le bus et d'attendre. Le bus fait une vingtaine de mètres puis le chauffeur nous redemande de sortir. Cette fois, on nous emmène dans un couloir où nous faisons la queue une bonne quarantaine de minutes. Pendant que les agents fouillent le bus et sortent les bagages. Je m'inquiète pour les vélos, on a pris du temps à les mettre soigneusement dans un des coffres, ce n'est pas pour qu'ils soient sortis et remis n'importe comment. En allant observer ce qu'il se passe, le chauffeur me dit sèchement de retourner dans le couloir faire la queue. 

 

Nous passons ensuite sous un portillon et une dizaine de personnes sont mises à part : leurs bagages ont été sortis du coffre du bus et vont être fouillés. Dans les règles de l'art, les douaniers foutent tout en vrac comme ils l'ont probablement bien appris à l'école des douaniers.

La réalité est qu'ils ne sortent pas tous les bagages du bus comme annoncé. Ils en passent une vingtaine au hasard (les premiers venus en ouvrant le coffre) sous le scanner et en choisissent une petite dizaine pour faire une fouille et montrer l'exemple. La raison pour laquelle on nous faisait patienter dans un couloir nous apparait : on nous cache le spectacle. Une belle mise en scène Made in Argentina. 

 

Nous retournons dans le bus en attendant les derniers passagers qui refont leurs valises. Sans réellement comprendre le pourquoi du comment, nous quittons le Chili sans tampon de sortie du territoire : juste un tampon d'entrée en Argentine. 

 

Huit heures après notre départ, nous arrivons à la gare de Mendoza en Argentine. Nous allons récupérer nos vélos dans le coffre mais un type, visiblement en charge des bagages, nous dit "Stop, vous ne touchez à rien". Nous attendons qu'ils aient rendu les bagages de tous les autres passagers, il ouvre notre partie du coffre et essaie de sortir les vélos avec la délicatesse digne de Hulk. Avec Amandine, nous intervenons en précisant qu'il faut y aller délicatement. Il insiste pour que l'on recule, nous restons et participons de force au déchargement des vélos. Une fois les vélos déchargés, il revient vers nous et nous demande un pourboire par vélo. Pas de bol, nous n'avons pas un centime. Il nous dit, ce n'est pas grave et qu'il prend les dollars. Nous l'envoyons se faire voir comme il se doit.

 

Petit aparté à ce sujet, en Amérique du Sud, dans l'imaginaire collectif, un touriste blanc, quelquesoit sa nationalité, a toujours les poches pleines de dollars. On nous a fait la remarque tout au long du voyage : "Pas de soucis je prends les dollars", "Vous pouvez payer en dollars". Même lorsque l'on dit que nous sommes Français, nos interlocuteurs ne comprennent pas que nous n'ayons pas des dollars sur nous. Au final, nous avons l'impression que quelque soit notre origine, nos bagages sont tous les mêmes : 

 

 

Mendoza est une ville agréable, les bâtiments ne dépassent pas 3 voir 4 étages, le centre est aéré de plusieurs parcs, une ambiance de bonne humeur plane au dessus de nos têtes.

 

Même si tout semble très occidentalisé, nous ressentons vite un choc culturel dans le mode de vie et la complexité administrative argentine. De petites choses qui furent très simples dans les autres pays deviennent vite très compliquées ici.

 

Nous voulions faire les courses pour acheter de la nourriture lyophilisée et un petit clavier midi (pour faire de la musique). Etant samedi après-midi, nous nous dirigeons donc en centre-ville en direction des magasins concernés. Problème, nous sommes samedi après-midi : beaucoup de commerces ferment à 13h le samedi. Comme chez nous, ils ne sont pas ouverts le dimanche, tant pis, nous verrons plus tard.

 

Le même jour, nous souhaitons acheter des cartes SIM. A chaque arrivée dans un pays, c'est la première chose que nous faisons car nous avons besoin d'une connexion pour vérifier nos itinéraires à vélo, identifier des hébergements de dernière minute etc. Cette petite formalité nous prend une après-midi entière pour trouver une solution bien en dessous de nos attentes. Concrètement, il n'est pas possible d'acheter une carte SIM et de la recharger pour un mois lorsque l'on n'est pas Argentin, ou que l'on ne dispose pas d'une carte de résident argentin. Même dans les kiosques. Movistar, l'opérateur qui couvre le mieux l'Argentine en terme de réseau, nous propose une recharge d'une semaine avec 50Mo. Il faudra recharger toutes les semaines. Avec 50Mo autant vous dire que nous n'allons pas loin pour charger des pages de recherche sur le téléphone. Nous irons chez Claro, le moins pire de tous, ils nous proposent plus de datas mais même scénario : il faut recharger tous les 10 jours. Nous avions des abonnements simples et mensuels en Colombie, Equateur, Pérou, Bolivie et Chili. Comment se fait-il que l'Argentine (qui dégage à nos yeux l'image d'un pays très développé) soit aussi arriéré en terme de téléphonie ?

 

Autre nouveauté : les paiements. Entre les nombreux commerces qui ne prennent que du liquide, les distributeurs locaux qui n'acceptent pas les cartes étrangères et les commerces qui acceptent la carte bancaire mais demandent une copie du passeport pour effectuer un paiement, nous nous énervons facilement pour le moindre achat. On explique que puisque la carte ne fonctionne qu'avec un code, il y a peu de chance qu'elle soit volée... et qu'il est donc inutile de copier le passeport dans les supermarchés pour garder une trace... Rien n'y fait, la logique n'a pas de prise ici.

 

L'Argentine nous fait l'effet d'un archaïsme constant : un pays qui se veut moderne, aux constructions et au mode de vie similaire à ceux d'occident, mais avec des blocages et barrières dignes du siècle dernier.

 

 

En allant acheter des billets d'avion pour notre retour prochain en France, le vendeur copie les infos de mon passeport et de ma carte bancaire. Je lui dis que ce n'est pas légal mais il m'indique que c'est une procédure légale et obligatoire. Nous avons acheté nos billets chez Aerolineas Argentinas situé Pasea Sarmiento 82 à Mendoza. Je détaille le lieu car quelle ne sera pas ma surprise quand je découvrirai une semaine plus tard que ma carte bancaire a été piratée pour acheter d'autres billets d'avion pour un montant de 1500 euros... Normal. Heureusement, nous avions prévu : Daphné, notre amie qui a vécu en Argentine près de deux ans nous avait expliqué que les falsifications de carte bancaires sont très fréquentes ici. Du coup on est parti avec 4 cartes en tout. Espérons que cela suffise pour les deux mois de passage sur ce territoire. 

 

 

Le samedi soir, nous profitons de la température clémente pour aller nous balader en centre-ville et dans un parc hébergeant un marché d'artisanat. Soudain, nous entendons une voix dans un langage que nous connaissons bien : "Salut, les français". Deux types assis derrière un stand nous font coucou et nous invitent à les rejoindre. L'un est Français expatrié en Argentine et l'autre Argentin. Ils nous invitent à boire une bière avec eux et discuter. "Comment avez-vous su que nous étions français ?", "Ca se voit à votre style !". "Ok ok".

Nous racontons notre périple. Yann, le Français, nous raconte le sien, il a beaucoup voyagé en Amérique du Sud et travaillé dans différents domaines. Son ami Argentin conçoit des objets de fils métalliques et nous en offre un pour mettre sur un de nos vélos :-)

 

 

 

 

 

 

Il est dimanche, nous nous rendons à Maipu pour commencer notre prochain WorkAway dans un vignoble. Les tâches ont l'air diverses mais nous avons quelques réserves suite à notre précédente expérience de volontariat. Il y a peu de photos sur l'annonce et l'hôtesse qui nous accueille ne parle que l'espagnol. Une bonne occasion pour améliorer le nôtre. 

 

 

Mendoza, Argentine, du 12 au 15 octobre 2017

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