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Valparaiso, Carnaval et ville aux milles couleurs

06/10/2017

La ville de Vina del Mar ne nous a pas semblé de grand intérêt. Il y a certes de belles plages certes, mais le mauvais temps que nous essuyons depuis 4 jours n'était pas idéal pour aller s'allonger sur le sable de cette "pseudo" station balnéaire. 

 

Deux curiosités à cependant à noter : 

- un magasin spécialisé dans la vente d'engrais, de graines de cannabis et de matériaux pour en faire pousser dans les meilleures conditions. Chose étrange dans un pays où le cannabis est strictement interdit... Incohérent vous avez dit ? 

- des gens qui jouent aux échecs dans la rue (ça c'est plutôt chouette!). Une initiative pour faire en sorte que les chiliens réinvestissent l'espace public, qui a été si longtemps prohibé sous Pinochet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous, nous aurions volontiers écourté notre séjour dans cette ville mais notre hôte à Valparaiso ne pouvait pas nous accueillir avant le 30 septembre. Et justement, qu'allons donc nous faire à partir du 30 septembre ? 

Suite à des échanges avec des amis (Noémie et Robin) et divers voyageurs, nous avons découvert le site www.workaway.info. Il s'agit d'un site qui permet de travailler à l'étranger, sous forme de volontariat. Les travaux à effectuer et les conditions d'accueil sont aussi divers que variés. Nous étions attendus chez Rodolfo, un habitant des hauteurs de Valparaiso, qui restaure un bâtiment pour en faire une pizzeria. Nous avons été séduits par ce projet car il souhaitait bâtir en éco-construction. Réutilisation de matériaux, réalisation de murs en adobe (la terre rouge), construction selon les normes sismique (important, parce qu'ici, il tremble presque chaque jour), ça nous semble un projet sympa auquel on a décidé de consacrer une semaine de notre voyage.

 

On rencontre le fameux Rodolfo, après un trajet Vina del Mar - Valparaiso sous une pluie battante, qui nous vaudra d'arriver trempés jusqu'à l'os, et de pester contre le "génie" civil chilien qui nous aura bien fait perdre notre temps...

Rodolfo nous explique qu'il préfère bosser le matin, de 8h30 à 12h30, ce qui nous permet d'avoir notre après-midi libre pour profiter de la ville. Il nous demande si on ne veut pas rester plus longtemps, nous dissuade d'aller à Santiago, pour rester bosser plus longtemps chez lui... Il se dit très carré sur les questions d'organisation, et nous fait bien comprendre que la construction c'est un truc sérieux, qu'il faut avoir de la méthode, et surtout ETRE ORGANISE ! Bien, c'est entendu. On ne travaillera pas le premier jour, mais Rodolfo nous donne le programme du lendemain : murs en adobe, nous voilà !

 

Le lendemain, nous sommes sur le pied de guerre à 8h30. Rodolfo n'est pas là, mais comme il nous a donné les clefs du chantier, nous nous rendons sur place et l'attendons en nous demandant quel mur il va falloir construire, vu que tous les murs sont inaccessibles ou occupés par des poutres en acier et en bois, des films plastiques....  On vous laisse deviner à l'aide des photos ci dessous quel mur on va construire aujourd'hui : 

Rodolfo arrive à 9h, avec son café. Quand on lui demande quel mur on va construire, il nous en montre un, puis, se ravise, en disant qu'il y a beaucoup de choses à débarrasser devant. Il change d'idée, et on va plutôt faire du béton, sur la partie qui n'est pas faite dans le fond (photo à droite). Puis, il se dit qu'il est déjà tard, et que ça serait mieux d'aller fabriquer un meuble chez lui. Puis en arrivant chez lui, il se dit que ce serait mieux de ranger de petites choses ... comme sa maison !!!

Et voilà comment, du roi de l'organisation, on passe à girouette ... Il change de plan toutes les 5 minutes. On aura droit à ça toute la durée de notre volontariat. On s'acquitte du rangement de la maison, et on réorganise certaines pièces pour qu'elles soient plus fonctionnelles pour y travailler (oui, Rodolfo stocke aussi tout le matériel du chantier chez lui car ... il y a beaucoup de vols)

 

L'après midi, nous assistons à une grande fête sur les docks de Valparaiso : la fête des pêcheurs, un carnaval endiablé ! C'est génial !

 

Le lendemain, nous devons travailler en décalé, car Rodolfo va avec un de ses voisins récupérer des planches de contreplaqués à Santiago (3h de route). Il arrive vers 15h (au lieu de 12h) et nous déchargeons une centaine de plaque pour lui... et ses voisins. Rodolfo nous demande de bien séparer les planches en 2 tas, de qualité et de taille équivalente, puis de ranger les "nôtres" là où nous avons fait de la place hier. Il recommande de faire attention aux voisins, qui pourraient essayer de nous la faire à l'envers. Il ne faut pas non plus que l'on laisse les plaques trainer, pour ne pas se les faire voler... Ambiance.  Les fameux voisins nous regarderons faire le tri et tout déplacer en buvant des bières : on appréciera moyennement. Après avoir dû : 1) décharger les plaques de la camionnette, 2) les trier une par une en tas (1 pour toi, 1 pour moi), 3) les ranger chez Rodolfo, c'est le dos en compote qu'on attends le second chargement, censé arriver à 20h... A 23h, la camionnette revient avec encore plus de plaques. On propose à Rodolfo de s'organiser différemment et de ranger directement les plaques à la descente de la camionnette, ce qui évitera de les porter et déplacer 3 fois.

On nous rétorque, énervé, que ici, on est pour l'équité et que ce n'est pas juste de ne pas trier les plaques en fonction de leur qualité. Bien. Fabien lui dit que de toutes façons toutes les plaques sont pourries. En effet, beaucoup se fendent et la majorité d'entre elles sont jonchées de clous rouillés ... nous n'avons pas regretté notre vaccin rappel contre le Tétanos avant de partir. 

5 minutes après, le process change : ils séparent le tas en deux, après avoir compté : 50 / 50. Je ne peux m'empêcher, un peu énervée, de demander à Rodolfo où est passé le grand et beau principe d'Equité ... Pas de réponse. On continue quand même à déplacer les plaques 3 fois, jusqu'à une heure du matin, parce que l'équité en moins, ça ne fait quand même pas de la jugeote en plus. On n'arrivera pas à tout ranger ce soir, et on laisse des plaques dans la rue. Rodolfo prend quand même la peine de les viser, pour les rendre (encore plus) intransportable.

 

Nous subirons encore deux jours d'inepties de ce genre, avant de finir par décider de partir. En effet, Rodolfo se fait de plus en plus insistant pour que nous restions plus longtemps. Il nous dit qu'on fera des murs chaque jour, et finalement, on fera toujours autre chose. Si encore c'était constructif... Mais là, on range dans un coin, qu'on débarrasse une heure après parce qu'en fait il a besoin d'y accéder... S'il savait qu'on projette de partir plus tôt encore, il redoublerait de promesses auxquelles nous ne croyons déjà plus.

C'est donc à l'aube du 5ème jour à Valparaiso que nous rechargeons les vélos, et que nous partons, le plus silencieusement possible, vers une auberge, à l'autre bout de la ville.

Nous appellerons un peu plus tard pour expliquer que nous sommes partis, en évoquant les raisons. Il nous raccroche au nez, refusant de discuter. Nous récolterons quelques minutes plus tard un message avec une pluie d'insultes et un " Que le vaya mal !" Bien bien bien, on ne peut pas plaire à tout le monde.

 

Nous resterons à Valparaiso trois jours supplémentaires, pour profiter de cette ville, qui fût pour nous, hormis la mauvaise expérience du Workaway, un vrai coup de coeur. Cette cité côtière est en effet un joyau de couleurs, et le paradis du street art. Outre la côte, Valparaiso est également une ville de "cerros", ces formations volcaniques, avec 45 collines en tout. Et on est loin de Montmartre en terme de dénivelé ! Donc tout en hauteur, en dénivelé et en couleur. C'est tout bonnement magnifique!

 

Utilisez les flèches pour faire défiler les photos : 

 

Cette ville est un festival de couleurs à chaque coin de rue, et fut déjà une grande source d'inspiration pour l'auteur Pablo Neruda, qui y possédait une maison. Elle est aujourd'hui transformée en musée, la Sebastiana, qui retrace l'histoire de l'homme de lettres, troisième sud-américain à avoir obtenu le prix Nobel de littérature. Lors de la visite de la maison, nous nous apercevons que les raisons de sa disparition restent très vagues. Nous nous interrogeons car celui-ci est décédé précisément quelques jours seulement après le coup d'état de Pinochet. Ca semble une extraordinaire coïncidence, qu'un Homme de lettre, fortement étiquetté à gauche, premier soutien du président Allende (le président du Chili de 70 à 73, étiquetté communiste) ait disparu justement quelques jours après le coup d'Etat. Nos recherches invalideront notre théorie, puisqu'on y apprendra qu'il est décédé d'un cancer. 

 

Une après-midi, nous profitons d'un tour de découverte de la ville en Français avec Tour EcoMapu. Il s'agit d'un tour organisé gratuitement, qui propose de visite la ville et où les guides sont rémunérés au pourboire (Tour for tips, pour nos amis britanniques). Nous avions loupé l'occasion de découvrir San Pedro de Atacama de la même manière. On se rattrape ici, et comment, avec deux guides, juste pour nous !  On y découvre les différentes étapes de la construction de la ville, et pourquoi elle est très colorée. Cela tient à deux choses. Valparaiso est la seule ville de l'empire espagnol à être autorisée à faire du commerce avec l'étranger, d'où un fort développement. Et qui dit bateau, dit containers. Déjà au 19ème, les habitants recyclaient les morceaux des "containers", faits en tôles, pour protéger les murs de leurs maisons (pour rappel, en adobe, la terre rouge) . Dans un deuxième temps, comme les rues se sont construites sans plans d'architecture, et avec toutes les mêmes tôles, il a fallu différencier les maisons. (oui, ici, à l'époque, pas d'adresse, seulement, c'est la maison jaune après la verte, débrouillez vous avec ça), donc tout le monde y est allé de sa petite couleur préférée. 

 

On y découvre également les plus vieux tags de la ville, qui servaient de moyen de propagande politique pour l'élection d'Allende, et des coins très sympa de la jeunesse Chilienne !

 

Petite anecdote rigolote : nos guides et autres locaux nous parlent tous d'un évènement qui a lieu pendant notre séjour. La mise en mer d'un canard géant. Après avoir flotté dans un bassin à Santiago, il arrive à Valparaiso.

Nous interrogeons nos guides sur cette démarche. Ils nous disent que c'est une démarche artistique, ce sont des artistes qui l'ont fabriqué bénévolement et que le canard fait parti d'un ensemble de décorations urbaines insolites. L'idée est tout simplement de divertir et dynamiser la ville avec ces installations provisoire. Nous creusons le sujet, la réalité est tout autre, c'est une opération marketing de l'opérateur mobile Entel :-) ! 

 

Nous partons demain en direction de Santiago du Chili, mais en bus cette fois! 

 

 

Valparaiso, Chili, du 28 septembre au 6 octobre 2017

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