© 2017 - A Bicyclette - Le voyage à vélo

NOUS SUIVRE

  • YouTube Social  Icon
  • Facebook Social Icon

Volontariat dans un vignoble à Maipu

23/10/2017

Bienvenu à la Finca Bravi! 

 

Nous sommes accueillis par Cécilia Bravi, propriétaire de la Finca du même nom. Nous avons convenu via le site workaway de l'aider une semaine dans son vignoble, dans la région de Mendoza.

Le jour de notre arrivée, Cécilia est là avec un de ses amis, Victor-Hugo (oui, c'est son prénom ;-) ), cuisinier talentueux de son état, et deux autres volontaires : Carolina, une mexicaine, et Florian, un compagnon français venu rouler sa bosse un an en Argentine. Tout le monde semble amorphe, et la chaleur ambiante n'est pas le seule raison : nous apprenons qu'en fait l'Asado d'hier a été bien arrosé, et qu'une diète est plus que nécéssaire le lendemain. 

 

L'Asado, c'est une sorte de barbecue, emblème de la tradition argentine, avec la dégustation du maté. Il est pratiqué avec enthousiasme partout dans le pays, et dure en général une journée entière. La viande doit cuire lentement, durant des heures, et pendant ce temps, on arrose les heures qui passent avec du vin de la région. Avec un rythme de cuisson aussi lent, la viande est bien sur très tendre, et les gens qui la mangent fortement imbibés....

 

 

Nous somme logés dans une belle petite maison annexe, sur les 4 hectares de vignes que compte la propriété.

 

Cécilia nous fait faire un petit tour des parcelles, qui sont divisées entre Malbec et Cabernet-Sauvignon. Elle tient la propriété de son père, pour qui, il s'agissait plus d'une passion que d'une réelle profession. Elle, elle a repris l'exploitation pour en faire son métier, après avoir bossé 15 ans dans la distribution de films indépendants. Nous trouvons donc en plein milieu des vignes de Maipu une férue de cinéma, incollable sur les réalisateurs français notamment.

 

Le lendemain, nous sommes sur le pied de guerre à 6h, dans les vignes. Nous avons une journée pour mettre de l'engrais à tout les pieds de vignes, à la main. Séparés en équipes de deux personnes, un avec une pioche qui creuse un trou au pied de la vigne, et l'autre qui y verse de l'engrais et rebouche avec son pied. C'est fastidieux, et à 11h, Cécilia bat le rappel : il fait déjà trop chaud, il faut que l'on rentre à l'abri. On recommencera à 16h, quand le soleil sera moins haut dans le ciel. 

 

 

Le soir, nous n'aurons pas fini... Si fait que le lendemain, nous sommes de nouveau dans les vignes, à 6h puisqu'il faut absolument que l'on finisse avant 9h.

 

9h ? Pourquoi 9h précisément ?

 

Parce que 9 heures, c'est l'heure à laquelle l'irrigation des parcelles de Céci commence. Oui, parce qu'ici, les vignes sont irriguées.

 

Pour comprendre, il faut faire un petit point géographie : Mendoza est située dans une zone semi-désertique, au pied des Andes. La terre y est très sèche, et il n'y pleut pas du tout. L'eau n'arrive ici que par la fonte des neiges et des torrents des montagnes environnantes. Soleil, terres riches, micro climat semi-aride, un terrain fertile pour faire de la vigne et des olives. Ce sont justement les deux cultures qui sont les plus répandues ici. Face à un nombre grandissant d'exploitations, la demande en eau a explosé. Il a fallu réguler. Céci fait parti d'une société d'exploitation de l'eau. Comme tout les sociétaires, elle dispose de deux jours d'irrigation, tous les 8 jours, pour la "modique" somme de 480 euros par mois. Une fortune en Argentine !

 

 

Comme tout le monde vous avez dit ? Non ! 

 

Eh bien non, pas comme tout le monde. Et nous avons vite fait de voir que la corruption argentine, c'est du sérieux, ici aussi. En théorie donc, Céci a droit à son quota d'eau. Jusqu'ici pas de problème. Sauf que ce mardi là, l'eau n'est arrivée qu'en très mince filet, qui avait de la peine à se frayer un chemin jusqu'aux pieds des vignes alors qu'habituellement, il est question de porter des bottes pour pouvoir continuer à marcher entre les rangs. On est bien loin de la zone marécageuse attendue. Céci est excédée, ce n'est pas la première fois que ça arrive, et elle sait pourquoi. Dans une crise de rage, elle monte dans son pick-up, embarque avec elle Carolina et Fabien, tandis que je reste dans les vignes pour surveiller le débit et faciliter l'accès du peu d'eau jusqu'aux pieds de vignes.

 

Quand ils reviennent une heure plus tard, Fabien est à mi-chemin entre l'hilarité et interloqué des manières que peut prendre la corruption ici.

 

Il me relate la scène  : en arrivant, ils se sont aperçus que la trappe d'arrivée d'eau n'avait pas été ouverte en entier. Seulement à moitié, réduisant le débit à peau de chagrin. Céci nous explique que pour avoir son débit d'eau normal, elle devait payer à l'employé en charge de l'ouverture de la trappe une "rallonge". Comme c'est une forte tête, et qu'elle refuse de rentrer dans ce système, elle ne paye pas, au contraire des autres sociétaires. Le problème, c'est qu'elle est pénalisée, car il n'ouvre pas la trappe en entier, et pire, la bloque avec un cadenas. 

Débordant d'une rage non contenue, Céci a demandé à Fabien de récupérer une grosse pierre pour réduire le flux d'arrivée d'eau du voisin (qui lui avait sa trappe grande ouverte, $$$$) et ainsi rediriger plus de débit vers la trappe de la Finca Bravi. Ceci devant le voisin en question qui demandait à Fabien de poser la pierre et Céci qui lui disait de ne pas écouter cet "Hijo de puta" :-) A l'occassion, le mec est rhabillé pour l'hiver, et notre vocabulaire espagnol s'étoffe de nouveau mots...

 

Nous passerons donc le mardi à patauger entre les rangs de vignes pour aider l'eau à s'acheminer jusqu'aux pieds.

 

Le mercredi est libre, et nous en profitons pour visiter les attractions environnantes, comme une oliveraie à proximité.

 

Curieusement, alors que nous aimons tous les deux beaucoup des olives et les produits dérivés, nous n'avions aucune espèce d'idée de la manière dont elles étaient produites.  On en profitera pour acheter de quoi cuisiner, huile d'olive, tomates séchées, olives, et aussi du savon fait avec de l'huile d'olive. Tout local ! On rentre à la Finca, pour s'adonner à un des passes-temps favoris des argentins, la siesta! Car oui, ici, tout est aussi ralenti. Entre 12h30 et 5h, pas une âme qui vive dans les rues. Tout le monde se repose. Les magasins ré-ouvrent à 17h, et ferment à 22h! Comme en Espagne ! 

 

 

Le jeudi, et les jours suivants, Céci nous demande de passer dans les parcelles de vignes plus vieilles, pour y protéger les nouveau pieds qui ont été plantés cet hiver. Cela consiste à mettre une protection en plastique au pied, pour protéger lors des futurs traitements, à redresser le pied de vigne en l'accrochant aux fils barbelés, à l'aide d'un tuteur.

 

Dans un second temps, nous repasserons dans tout les rangs, pour enlever les gourmands, des pousses qui détournent une partie de la sève des vignes en faisant des feuilles, mais pas de grappes. Entre midi et deux, Fabien file en ville pour acheter les billets de bus qui nous emmènerons jusqu'à Neuquen. En effet, nous voulions faire cette partie en vélo, mais Charles et Celine, avec qui nous avions eu l'occasion d'en discuter lors de notre passage à Santiago, nous en ont dissuadé. C'est désertique et sans grand intérêt.

Il y retournera à plusieurs occasions, car, et on le savait pourtant, tout est fermé entre midi et cinq heures trente, pour l'heure de la sieste ! 

 

Le soir, comme le midi, à la majorité des repas, nous mangeons avec Céci sur la terrasse de la maison ou dans le salon. Depuis quelques jours la télévision est constamment allumée le soir. Une nouvelle extrêmement importante pour le pays tourne en boucle sur toutes les chaînes de télévision : le corps de Santiago Maldonado a été retrouvé.

 

 

Notre semaine à la Finca nous permet de mieux comprendre cette histoire qui tourmente le Sud du continent. Santiago est un jeune argentin qui militait pour la cause de la communauté indienne Mapuche de Cushamen. Les indigènes de cette communauté occupent depuis 2015 une portion de terre qui appartenait à leurs ancêtres et qui appartiennent aujourd'hui à l'entreprise italienne Benetton. Les Mapuches bloquent régulièrement des routes pour revendiquer la propriété de ce lieu. 

 


Santiago a disparu début août pendant une manifestation de la communauté Mapuche. Selon des témoins, il aurait été frappé puis embarqué par des gendarmes. Après soixante-dix-huit jours de recherche, son corps a été retrouvé dans une rivière, flottant entre les branches à moins de 300 mètres où il avait été aperçu pour la dernière fois. L'effet mise en scène de cette histoire s'accentue quand on apprend que son corps a été retrouvé deux jours avant les élections législatives. Cette histoire rappelle un précédent dans l'histoire Argentine : les disparitions forcées. Elles étaient pratiquées par l'état pour se débarasser des opposants.

 

 

Le samedi, c'est nous qui cuisinons, et Fabien s'attèle à un cari Poulet ! En fin d'après midi, une surprise nous attends : Jean Marie ! Le cyclotouriste alsacien que nous avions rencontré à la frontière entre la Bolivie et le Chili. Nous lui avions dit par mail où nous serions à Mendoza, et il est venu nous rejoindre.

 

Le dimanche, c'est Asado! Céci invitera Jean-Marie à se joindre à nous et il restera même quelques jours avec nous à la Finca ! 

 

Le lundi, après une dernière matinée dans les vignes, nous filons vers 16h, pour rejoindre la gare routière de Mendoza, et notre bus qui nous emmènera, de nuit à Neuquen !

 

 

 

Argentine, du 16 au 23 octobre 2017

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Retour manqué

21/12/2017

El Chaltén ... this is the end

10/12/2017

1/15
Please reload