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Retour manqué

21/12/2017

 

 

El Calafate - San Carlos de Bariloche - Buenos Aires

 

Ca y est, après 8 mois de périple à travers l'Amérique du Sud, il est temps de rentrer pour retrouver nos proches à l'occasion des fêtes de fin d'année. Nous reprenons un avion qui part de El Calafate, fait escale à San Carlos de Bariloche pour finalement atterrir à Buenos Aires. Ca c'est pour la première partie du voyage. Nous passerons une nuit dans un hôtel proche de l'aéroport, avant de reprendre l'avion direction la mère patrie le lendemain. 

 

 

Le périple s'annonce long. Et encore, nous n'avons pas tout vu...

 

La première partie du voyage se passe sans accroche : nous retrouvons nos vélos intacts à l'aéroport, là où nous les avions laissé en dépôt. L'enregistrement se fait sans encombre, l'embarquement de même. Nous atterrissons vers 18h à Buenos Aires. Nous avions réservé un hôtel non loin, avec en prime le transport assez grand pour pouvoir transporter les vélos. Pas une mince affaire, mais Fabien veillait au grain. 

 

Vers 19h, nous sommes installés dans notre hôtel, et comme il est encore tôt, nous réfléchissons à l'opportunité d'aller visiter le centre ville de Buenos Aires. 

 

Soirée(s) à Buenos Aires

Nous parlons de notre projet au gérant de l'hôtel. Il nous déconseille d'aller en ville : trop loin, et avec la grève qui se prépare, trop risqué d'aller trainer en ville alors que d'après lui, des émeutes se préparent. Une gréve!? Ah bon ? Surpris, nous renonçons à la virée en ville et nous reportons sur un petit restaurant alentour... mais les gérants ne prennent pas la carte bancaire... et nous n'avons pas de liquide. Ce qui nous force à aller retirer de l'argent dans le centre commercial le plus proche. Blasés de refaire l'aller retour, on y trouvera aussi de quoi manger. 

 

Pour rentrer, un autre type de problème. Plus de Uber, et 2h d'attente pour les taxis. Nous serons secourus par les gentils gardiens du centre commercial, qui ont appelé un taxi pour que nous puissions rentrer ;-). 

 

Le lendemain, c'est le grand départ. Nous prenons notre petit déjeuner tranquillement dans la salle commune, la TV en fond sonore. Il y a bien une grève générale, c'est confirmé, mais les vols extérieurs ne sont pas impactés. Nous revérifions si notre avion est bien à l'heure. La compagnie nous dit que c'est ok, et de nous rendre à l'aéroport. 5 minutes plus tard, annonce à la TV : les manifestants montent en puissance, bloquent les principaux axes routiers, l'appel à la grève est plus que largement suivi... On se dit que ça commence à sentir le roussi, quand notre compagnie nous écrit pour nous dire que notre vol est décalé, de 11h à 18h.

 

Une fois arrivés à l'aéroport, c'est la cohue. L'aéroport est complètement bloqué, pour 24h. Impossible de trouver un autre vol. EZE, un des deux gros aéroport de Buenos aires, brasse à lui seul 40 000 passagers par jour. Et là, tous les vols sont annulés.  TOUS ? Non ! Une compagnie résiste encore et toujours aux aléas des gréves. Il s'agit d'American Airlines ! La compagnie a en effet son propre personnel, sous contrat américain, partout dans l'aéroport, ce qui lui permet d'assurer ses liaisons sans se soucier des grèves! Habile.

 

 

Mais justement, pourquoi c'est la grève ?

Il faut savoir que l'Argentine est un pays qui financièrement bat de l'aile. Pour seule preuve, un taux d'inflation qui dépasse les 20% par an. On en est pas aux brouettes de 33, mais c'est assez pour que le prix des loyers soit révisé, de même que les salaires, plusieurs fois dans l'année ! Devant une économie à bout de souffle, le président Mauricio Macri a pris des mesures drastiques, dont celle justement de désindexer les retraites et les pensions de guerre de l'inflation. Autant vous dire que ça ne plait à personne, et du coup... C'est la GREVE.

 

Nous voulons repartir, mais les policiers qui surveillent les accès de l'aéroport nous disent que si nous partons, nous ne pourrons pas revenir demain... Ah ouais. Il est 14h, nous voilà condamné à errer dans l'aéroport, pendant 24 longues heures. On aura beau négocier avec l'aéroport, les flics, la douane, le saint-père, personne ne voudra enregistrer nos vélos : résultat on se promènera partout avec et on s'organisera même un tour de ronde la nuit pour ne pas se les faire piquer. On dormira aussi à même le sol, alors qu'on a tout le nécéssaire pour monter un campement. Mais c'est tellement bien emballé qu'on à la flemme de tout défaire pour une nuit. On se convainc que ce ne sera pas si pire. On aura tord. Le carrelage au sol est glacé et nous cherchons en vain de l'électricité pour nous occuper : il n'y a que 5 prises de courant dans tout le hall de l'aérogare et elles sont prises d'assaut.  

 

 

Le lendemain matin, après avoir été bercé toute la nuit par les chants de Noël qui on tournés en boucle, comme 40.000 autres personnes qui ont dormis par terre, nous rejoignons parmi les premiers la file d'embarquement pour les vols Air France. On embarque finalement après quelques échauffourés, à 16h.

 

 

 

Destination surprise : le Paraguay

 

Soudain, après deux heures de vol, les écrans et les lumières s'éteignent. On pense qu'ils re-bootent le système comme cela nous est déjà arrivé lors de précédents vols. Quand au bout de dix minutes, le capitaine prend la parole, on sent qu'on a plus qu'un soucis d'écran. Le couperet tombe : grosse odeur de brulé dans le fond de l'avion. Ca provient du système électrique. Ils ont éteint pas mesure de prudence, donc on est hors de danger, mais il faut se poser rapidement pour contrôler l'origine de cette odeur inhabituelle. 

Le problème à ce moment là est double : nous sommes en plein milieu de nulle part, et notre avion est trop lourd pour atterrir où que ce soit. Du coup, on commence par vider le réservoir. 90 000 litres de kérosène qui s'envolent en moins de 20 minutes. On a filmé quelques secondes ci dessous : 

 

D'autres comme nous, ont filmé la scène. Pour garder un souvenir ? Non, pour l'envoyer à la presse, en diffusant des informations complètement erronées : un avion Air France se crache en Amazonie... Bonjour l'ambiance à l'arrivée. Quand enfin on atterri dans le plus grand calme à Asuncion, la capitale du Paraguay, nous sommes escortés par une dizaine de camions de pompiers, et la presse titre déjà l'événement : 

 

http://www.lepoint.fr/monde/atterrissage-d-urgence-d-un-vol-air-france-au-paraguay-20-12-2017-2181376_24.php

 

En arrivant, le capitaine nous informe qu'il ne sait pas combien de temps nous allons rester au sol : normalement, le technicien de l'aéroport pourrait donner son GO pour que nous repartions, mais comme certains d'entre nous ont informé la presse, c'est l'aviation civile Française qui s'en mêle  : on ne repart pas tant que des techniciens d'Air France ne donnent pas leur aval. Problème: le Paraguay n'est pas desservi par Air France... donc le technicien doit venir de Sao Paolo... et ça sera demain. 

 

21h52 : on nous annonce que nous restons au Paraguay pour une nuit. Avec Fabien, on se dit qu'on les enchaine quand même, et c'est excédé, après 40h sans dormir qu'on repart chercher nos vélos et nos sacoches. 

 

Nous sommes au moins très bien pris en charge par Air France, qui réalise la prouesse, avec une aide locale improvisée, de loger 247 passagers en une heure de temps, d'organiser les transferts et de nous acheminer. Chapeau. Bon, on vous cache pas qu'on a un peu filouté. Comme nous n'avions pas dormi depuis de longues heures, j'ai été en repérage pour voir dans quels hôtels on nous logeait : des appart'hotels ou le Sheraton.

Hum... mon coeur balance.

Je pars donc négocier sur le parking avec les conducteurs des navettes pour qu'ils s'assurent de faire monter nos vélos en premier dans le bus qui va au Sheraton. Et ça marche. On note quand même une très nette amélioration de mes talents de négociations avec les chauffeurs de bus : 8 mois d'entrainement, ça paye ! 

 

C'est exténués mais content que nous nous effondrons de fatigue ce soir là. Nous dormirons jusqu'à 17h le lendemain! Notre avion est prévu à minuit, on a le temps de faire un petit tour alentours : sur le rooftop, nous admirons la capitale du Paraguay : un ilot de urbain coincé dans une forêt luxuriante, qui s'entends à perte de vue. C'est verdoyant, magnifique. 

Le soir, à 00h41, il manque des passagers : on doit les trouver avant de pouvoir décoller. 

 

 

Arrivée complicado à Paris Aeropuerto

 

 

La fin du voyage, où le début d'un autre... Nous attendrons trois heures pour récupérer nos bagages à l'aéroport de Paris. Beaucoup ont été perdus. En effet, au ré-enregistrement des bagages au départ du Paraguay, il n'y avait pas de nouvelles étiquettes sur les bagages. Il n'y avait pas de tapis roulant d'ailleurs, à chaque bagage enregistré, une personne venait les récupérer pour les emmener en soute. Bref, les équipes de l'aéroport ont égaré nos bagages ... et d'autres d'ailleurs. Quand nous partirons vers 22h30, certaines passagers en transit attendent encore leurs valises.

 

Ces trois jours intenses clôturent notre périple. Nous passerons les fêtes de famille en France, et irons vivre les trois premiers mois de l'année dans le chinonais, à fromenter les dessins d'un futur périple et d'un nouveau projet entrepreneurial autour des jeux de piste


Argentine, Paraguay et Paris, du 11 au 22 décembre 2017

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